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		<title>Le bruit du vent, 2009, de Chen Kuo-fu et Gao Qunshu</title>
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&lt;p&gt;Le film est sorti sous le titre international &#171; The Message &#187;, mais il a pour titre chinois&#12298;&#39118;&#22768;&#12299;f&#275;ngsh&#275;ng, c'est-&#224;-dire &#171; Le bruit du vent &#187;, ce qui &#233;tait aussi le premier titre en anglais (&#171; The sound of the wind &#187;). Il peut donc facilement y avoir confusion sur le titre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a &#233;t&#233; co-r&#233;alis&#233; par un r&#233;alisateur chinois, Gao Qunshu (&#39640;&#32676;&#20070;), et un r&#233;alisateur taiwanais Chen Kuo-Fu (&#38472;&#22269;&#23500;). Il s'agit d'une nouvelle production de la Huayi Brothers (&#21326;&#35850;&#20804;&#24351;), associ&#233;e au groupe des Studios de Shanghai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le film est sorti sous le titre international &#171; The Message &#187;, mais il a pour titre chinois&#12298;&#39118;&#22768;&#12299;f&#275;ngsh&#275;ng, c'est-&#224;-dire &#171; Le bruit du vent &#187;, ce qui &#233;tait aussi le premier titre en anglais (&#171; The sound of the wind &#187;). Il peut donc facilement y avoir confusion sur le titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; co-r&#233;alis&#233; par un r&#233;alisateur chinois, Gao Qunshu (&#39640;&#32676;&#20070;), et un r&#233;alisateur taiwanais Chen Kuo-Fu (&#38472;&#22269;&#23500;). Il s'agit d'une nouvelle production de la Huayi Brothers (&#21326;&#35850;&#20804;&#24351;), associ&#233;e au groupe des Studios de Shanghai (&#19978;&#24433;&#38598;&#22242;), avec Feng Xiaogang comme producteur &#233;x&#233;cutif. Le film, pr&#233;sent&#233; d&#232;s mai 2009 au festival de Cannes, r&#233;unit au d&#233;part des atouts de taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une production qui n'a pas l&#233;sin&#233; sur les d&#233;tails&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film se passe en 1941, pendant l'occupation japonaise. C'est un film d'espionnage, ce qui est assez rare en Chine pour &#234;tre mentionn&#233;. Les producteurs ont fait des efforts particuliers pour reconstituer l'ambiance des ann&#233;es de guerre, et les moindres d&#233;tails des d&#233;cors et des costumes ont &#233;t&#233; soign&#233;s ; les costumes eux-m&#234;mes sont sign&#233;s Timmy Yip (&#33865;&#37670;&#28155;), qui fut, entre autres, le directeur artistique du film d'Ang Lee &#171; Tigres et Dragons &#187;, pour lequel il re&#231;ut un Oscar et un British Academy film award en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site lui-m&#234;me a &#233;t&#233; soigneusement choisi. Il s'agit d'un promontoire rocheux dominant la mer, aux environs imm&#233;diats de Dalian. La ville est, en effet, situ&#233;e tout au sud de la province du Liaoning, entre la mer de Bohai et la mer Jaune, au bout de la p&#233;ninsule du Liaodong, dans une r&#233;gion qui offre de superbes &#224;-pics sur la mer (2). C'est un site qui renforce l'impression de danger imminent que l'on est cens&#233; ressentir tout au long du film. Tout en haut est perch&#233;e une superbe villa qui semble sortie d'un film de Hitchcock. (3) La Huayi a d&#233;clar&#233; avoir engag&#233; des &#233;quipes am&#233;ricaines sp&#233;cialis&#233;es dans les prises de vue a&#233;riennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affiche elle-m&#234;me souligne l'ambiance &#224; la Hitchcock :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/local/cache-vignettes/L450xH600/U3088P28T3D2523323F346DT20090517123613-6dd04.jpg?1792677951' width='450' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Elle est en elle-m&#234;me superbe, avec une atmosph&#232;re blafarde et une maison sur son promontoire qui rappelle celle de &#171; Psychose &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une adaptation d'une nouvelle c&#233;l&#232;bre en Chine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Huayi a pay&#233; un million de yuans pour les droits d'adaptation de la nouvelle &#233;ponyme (&#12298;&#39118;&#22768;&#12299;), deuxi&#232;me volet d'un livre de l'&#233;crivain Mai Jia (&#40614;&#23478;) intitul&#233; &#12298;&#26263;&#31639;&#12299;(&#224;nsu&#224;n, c'est-&#224;-dire comploter, conspirer contre quelqu'un).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai Jia a &#233;t&#233; pendant longtemps un auteur plus ou moins obscur : n&#233; en 1964, engag&#233; &#224; 17 ans dans l'arm&#233;e chinoise comme beaucoup d'autres &#224; l'&#233;poque, il a fait d'abord des &#233;tudes techniques au sein de l'arm&#233;e populaire, avant d'y obtenir un dipl&#244;me d'&#233;tudes litt&#233;raires et d'entrer, en 1997, &#224; la t&#233;l&#233;vision de Chengdu comme sc&#233;nariste. Ce qui l'a rendu c&#233;l&#232;bre, c'est l'adaptation &#224; la t&#233;l&#233;vision, en 2006, de cette m&#234;me nouvelle &#171; Le bruit du vent &#187;. Le film t&#233;l&#233;vis&#233; ayant connu un immense succ&#232;s, du jour au lendemain, le nom de Mai Jia est devenu familier en Chine, de m&#234;me que sa nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci raconte une histoire sombre d'espionnage sur fond de guerre sino-japonaise, &#224; la fin de 1941. La ville de Nankin est occup&#233;e par les Japonais, et un gouvernement fantoche y a &#233;t&#233; install&#233;, o&#249; travaillent divers sp&#233;cialistes chinois des services secrets. Apr&#232;s plusieurs incidents et des meurtres, il devient clair aux yeux des Japonais qu'un espion travaillant pour la r&#233;sistance s'est gliss&#233; dans leurs rangs. Il s'agit de d&#233;terminer de qui il s'agit. Pour cela, un groupe de suspects est appr&#233;hend&#233; ; interrog&#233;s et tortur&#233;s, ils r&#233;alisent qu'ils ne s'en sortiront que lorsque le coupable aura &#233;t&#233; trouv&#233;. La tentation est alors grande de clarifier la situation entre eux, pour &#233;ventuellement livrer l'intrus et sauver leur peau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain qu'il y a l&#224; un excellent mat&#233;riau pour une adaptation cin&#233;matographique, le succ&#232;s de l'adaptation t&#233;l&#233;vis&#233;e l'a bien montr&#233;. Atout suppl&#233;mentaire, le sc&#233;nariste est Zhang Jialu (&#24352;&#23478;&#40065;), dont le nom n'est pas tr&#232;s connu, mais qui a &#233;t&#233; co-sc&#233;nariste du dernier film de Chen Kaige, celui sur Mei Lanfang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un casting hors pair&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production a align&#233; sept des meilleurs acteurs chinois du moment :&lt;br class='autobr' /&gt;
Zhang Hanyu (&#24352;&#28085;&#20104;), devenu c&#233;l&#232;bre apr&#232;s son r&#244;le dans le film de Feng Xiaogang &#171; Assembly &#187;, interpr&#232;te le chef du r&#233;seau, Wu Zhiguo (&#21556;&#24535;&#22269;) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Huang Xiaoming (&#40644;&#26195;&#26126;) joue le r&#244;le d'un espion japonais, sombre et laconique ; heureusement, car l'acteur a d&#251; r&#233;p&#233;ter jour et nuit les quelques lignes de ce qu'il doit dire en japonais ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Wang Zhiwen (&#29579;&#24535;&#25991;) et Ying Da (&#33521;&#36798;) sont deux membres des services sp&#233;ciaux soup&#231;onn&#233;s ; Ying Da s'est vu ajouter, comme d'habitude, un petit ventre qui va bien avec son visage rondouillet ;&lt;br class='autobr' /&gt;
enfin l'ancien chanteur de kunqu Alec Su (ou Su Youpeng &#33487;&#26377;&#26379;) interpr&#232;te un secr&#233;taire de section.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont cependant les deux interpr&#232;tes f&#233;minines qui sont d&#233;terminantes : Zhou Xun (&#21608;&#36805;) et Li Bingbing (&#26446;&#20912;&#20912;). Elles ont des r&#244;les particuli&#232;rement difficiles, qui comportent des &#233;pisodes de torture et de violence. Li Bingbing, en particulier, qui est, dans le film, la sup&#233;rieure hi&#233;rarchique de Zhou Xun, a &#233;t&#233; soumise pendant le tournage &#224; un traitement &#233;prouvant : elle devait, pour la premi&#232;re fois de sa vie, boire et fumer, car son r&#244;le est celui d'une alcoolique en perp&#233;tuel &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233;. Elle a d'ailleurs obtenu un Golden Horse award pour son r&#244;le dans le film en 2009. Les deux actrices ont affirm&#233; que c'&#233;tait (pour l'instant) le r&#244;le de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos des acteurs dans le film, qui refl&#232;tent l'ambiance et la pr&#233;cision de la reconstitution historique :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/IMG/jpg/U2507P28T3D2528530F326DT20090520022751.jpg?1791327066' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/IMG/jpg/U2507P28T3D2528530F328DT20090520022751.jpg?1791327066' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/IMG/jpg/U2507P28T3D2528530F329DT20090520022751.jpg?1791327066' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/IMG/jpg/U2507P28T3D2528530F358DT20090520022751.jpg?1791327066' width='500' height='359' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(&#224; partir du haut :	- Li Bingbing et Zhou Xun (regards ac&#233;r&#233;s comme des lames, dit l'intitul&#233;),&lt;br class='autobr' /&gt; - les trois principaux personnages masculins,&lt;br class='autobr' /&gt; - Li Bingbing et Zhang Hanyu,&lt;br class='autobr' /&gt; - Su Youpeng.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note sur les r&#233;alisateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alisateur de films t&#233;l&#233;vis&#233;s du genre &#8216;polars', Gao Qunshu (&#39640;&#32676;&#20070;) a fait ses premiers pas au cin&#233;ma avec &#171; Le proc&#232;s de Tokyo &#187; &#187; (&#12298;&#19996;&#20140;&#23457;&#21028;&#12299;) sorti en 2006. Quant &#224; Chen Kuo-fu (&#38472;&#22269;&#23500;), n&#233; en 1954, il a r&#233;alis&#233; un premier film en 1989, assez bien re&#231;u par la critique, et un second, &#171; Treasure Island &#187;, produit par Hou Hsiao Hsien, qui fut pr&#233;sent&#233; en premi&#232;re au festival de Locarno en 1993. Mais sa notori&#233;t&#233; vient de son thriller &#171; Double vision &#187;, avec Tony Leung Ka-fai, pr&#233;sent&#233; au festival de Cannes en 2002 dans la section &#171; Un certain regard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collaboration de ces deux r&#233;alisateurs est ici b&#233;n&#233;fique : l'un revenant vers le genre qui a fait ses premiers succ&#232;s &#224; la t&#233;l&#233;vision, l'autre, sp&#233;cialiste du m&#233;lange film d'horreur et film de suspense, apportant sa touche aux sc&#232;nes de torture, entre autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://ent.sina.com.cn/m/c/2009-05-17/12312523317.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o d'une interview des acteurs et du r&#233;alisateur chinois, avec des images du site et de la villa&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Ashiou ou la d&#233;esse de l'amour </title>
		<link>http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?article276</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#33707;&#36000;&#38738;&#26149; Ashiou ou la d&#233;esse de l'amour Mo Fu Qing Chun Sc&#233;nario, r&#233;alisation : WU Zuguang ; chef-op&#233;rateur : WANG Jianhan ; montage : SHEN Yuqi ; musique : CHEN Gexin. Avec ZHOU Xuan (Ashiou, la f&#233;e-renarde), LU Yukun (LIU Sheng), JIANG Ming (le p&#232;re d'Ashiou), ZHOU Wei (la m&#232;re de LIU Sheng), WU Jiaxiang (le m&#233;decin-charlatan ambulant), CHEN Biao (l'assassin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#33707;&#36000;&#38738;&#26149;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ashiou ou la d&#233;esse de l'amour &lt;br class='autobr' /&gt;
Mo Fu Qing Chun&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario, r&#233;alisation : WU Zuguang ; chef-op&#233;rateur : WANG Jianhan ; montage : SHEN Yuqi ; musique : CHEN Gexin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec ZHOU Xuan (Ashiou, la f&#233;e-renarde), LU Yukun (LIU Sheng), JIANG Ming (le p&#232;re d'Ashiou), ZHOU Wei (la m&#232;re de LIU Sheng), WU Jiaxiang (le m&#233;decin-charlatan ambulant), CHEN Biao (l'assassin masqu&#233;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Hong Kong ; sortie en 1949 ; Compagnie cin&#233;matographique Xingxing ; distribution : Da Zhong Hua ; 74 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : com&#233;die fantastique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#23566;&#28436;, &#21555;&#31062;&#20809;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#32232;&#21127;, &#21555;&#31062;&#20809; ; &#25885;&#24433;, &#29579;&#21133;&#23506; ; &#21098;&#25509;, &#27784;&#27603;&#22855; ; &#38899;&#27138;, &#38515;&#27468;&#36763; ; &#26381;&#35037;, &#34311;&#21746;&#26126;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#21608;&#29831; (&#20998;&#39166;&#38463;&#32353;, &#20185;&#22899;), &#21570;&#29577;&#22531; (&#39166;&#21129;&#29983;), &#23004;&#26126; (&#39166;&#38463;&#32353;&#29238;&#35242;), &#20399;&#26223;&#22827; (&#21363;&#19969;&#24029;) (&#39166;&#20693;&#20154;&#21129;&#24544;), &#37329;&#24444;&#24471; (&#21363;&#37329;&#27801;) (&#39166;&#21129;&#29983;&#33285;&#33285;), &#21608;&#20553; (&#39166;&#21129;&#29983;&#27597;&#35242;), &#21555;&#23478;&#39524; (&#39166;&#36208;&#34903;&#37291;&#29983;), &#39759;&#40300;&#39131; (&#39166;&#37168;&#23621;), &#38515;&#24426; (&#39166;&#33945;&#38754;&#24375;&#30428;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;textant un achat d'&#233;ventail, LIU Sheng s'amourache de la jolie boutiqui&#232;re Ashiou : le jeune homme, &#233;bloui par celle-ci, faillit tr&#233;bucher sur elle, l'apeurant. La belle appelle son p&#232;re &#224; la rescousse&#8230; Le chaland s&#233;duit titubera et oubliera son emplette, que lui rappellera la coquette commer&#231;ante. Lors de l'acquisition d'un deuxi&#232;me &#233;ventail, le client omet au contraire de payer. Celui-ci palpe l'endroit o&#249; la beaut&#233; colla de sa bouche le papier d'emballage qu'il demanda&#8230; De fa&#231;on bien chinoise, Ashiou cligne des yeux en osant interpeller l'acqu&#233;reur sur le paiement : LIU Sheng finit par se cogner la t&#234;te contre un arbre, la demoiselle en profitant, donnant libre cours &#224; son hilarit&#233; en arri&#232;re-plan. Afin de revoir sa bien-aim&#233;e, le soupirant ach&#232;te compulsivement chez celle-ci de nombreux et divers articles, qu'il ne d&#233;balle pas et v&#233;n&#232;re : il caresse m&#234;me avec &#233;moi le papier d'emballage que la marchande humecta de ses l&#232;vres. Le galant entasse les articles sur un gu&#233;ridon et les embrasse&#8230; Au demeurant, la collection d'objets acquis, que LIU Sheng interdit de toucher chez l'oncle qui l'h&#233;berge, attire la col&#232;re du domestique LIU Zhong. Apr&#232;s plusieurs moqueries, la vendeuse s'&#233;prend de son pr&#233;tendant. Suite &#224; quelques sc&#232;nes d'ext&#233;rieur bucoliques et ensoleill&#233;es, les jeunes gens &#233;changent secr&#232;tement leurs v&#339;ux de mariage devant la statue d'une d&#233;esse &#224; l'int&#233;rieur d'un temple &#224; l'abandon. Cependant, le p&#232;re d'Ashiou, marchand ivrogne, moleste le parent de LIU Sheng, pis, l'humilie : l'oncle complote en compagnie du domestique de s&#233;parer les amoureux en pr&#233;textant que la m&#232;re de LIU Sheng tomb&#226;t malade et oblige celui-ci &#224; retourner chez elle rapidement. Le h&#233;ros prend ainsi le bateau, non sans abandonner les nombreux articles de sa ch&#232;re marchande, et, arriv&#233; &#224; la maison maternelle, il s'aper&#231;oit qu'on lui mentit. LIU Sheng simule alors la maladie, afin que sa maman accepte son mariage. On convoquera un humoristique m&#233;decin ambulant &#224; la clochette, au chevet du soupirant : heureusement, la possibilit&#233; qu'offriront &#224; celui-ci ses parents de retrouver son aim&#233;e ressuscitera le simulateur et non le charlatan&#8230; H&#233;las, entre-temps Ashiou d&#233;m&#233;nagea, en vue d'&#233;pouser un fils ZHAO. Le c&#339;ur bris&#233;, LIU Sheng s'&#233;vanouit au sanctuaire de la divinit&#233;. Il songe que lui-m&#234;me et LIU Zhong partent &#224; la recherche d'Ashiou : le pr&#233;tendant entrecroise celle-ci, croit-il, dans un village et vit une nuit en sa compagnie au sein d'une masure. Mais le serviteur d&#233;nonce le fant&#244;me sous la s&#233;duisante &#171; peau de fille &#187; : les deux hommes lui tendent un pi&#232;ge, que les capacit&#233;s magiques f&#233;minines d&#233;jouent, et, terrifi&#233;s, s'enfuient. Un assassin masqu&#233; attaque ceux-ci : LIU Zhong lutte difficilement, permettant &#224; son ma&#238;tre de s'&#233;chapper. Celui-ci croise la &#171; v&#233;ritable Ashiou &#187; qu'il ram&#232;ne chez lui. Nouveau coup de th&#233;&#226;tre : pendant la &#171; nuit de noces &#187;, &#233;pi&#233;e par l'oncle et le domestique qui surv&#233;cut, &#171; deux Ashiou &#187; apparaissent, LIU Sheng choisissant la &#171; mauvaise &#187;. Finalement, les &#171; deux &#187; belles disparaissent par enchantement. Au cours de son cauchemar, le jeune homme r&#233;pudia &#171; la vraie Ashiou &#187;, s'illusionnant sur le sourire de la &#171; f&#233;e-renarde &#187;. A ce moment, LIU Sheng s'&#233;veille et &#233;coutera la le&#231;on chuchot&#233;e de la d&#233;it&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Adapt&#233; de A Xiu, l'un des contes de l'&#339;uvre litt&#233;raire Liaozhai Zhiyi, Contes &#233;tranges du pavillon du loisir, le film, suite &#224; un superbe g&#233;n&#233;rique filant humoristiquement la m&#233;taphore du livre, confirmant la pr&#233;gnance de la litt&#233;rature au cin&#233;ma chinois, arbore un prologue o&#249; &#171; ZHOU Xuan en tant que ZHOU Xuan &#187;, non son personnage d'Ashiou, coiff&#233;e &#224; la mode moderne de l'&#233;poque o&#249; le film sortit, introduit directement l'histoire en s'adressant audacieusement &#224; la cam&#233;ra : Ashiou ou la d&#233;esse de l'amour d&#233;bute en pr&#233;sentant un livre traditionnel qu'une main feuillette, dont on d&#233;couvre &#224; la fin du g&#233;n&#233;rique qu'elle appartient &#224; ZHOU Xuan. Rituel de l'&#233;crit en cons&#233;quence magnifiquement illustr&#233;. Au g&#233;n&#233;rique final, le livre se refermera simplement&#8230; Li&#233;e &#224; la litt&#233;rature des &#171; femmes-renardes &#187;, &#171; la double Ashiou &#187; s'av&#232;re dominatrice, essuie les pleurs de son soupirant aux retrouvailles r&#234;v&#233;es. En rapport &#224; une th&#233;matique pr&#233;gnante dans la litt&#233;rature, le film montre un valet peu docile dont LIU Sheng et son oncle devraient se m&#233;fier : espion, intriguant, d&#233;nonciateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'int&#233;rieur du genre assez chinois de la com&#233;die fantastique, le film use du &#171; comique de r&#233;p&#233;tition &#187; : en pr&#233;liminaires &#224; leur liaison, &#224; deux reprises Ashiou soup&#231;onne que le chaland va l'agresser et crie &#224; l'aide de son papa. Les abondantes badineries contribuent &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233;. ZHOU Xuan n'h&#233;site pas &#224; passer brusquement des pleurs courb&#233;e sur son p&#232;re &#224; la col&#232;re&#8230; Les &#171; passages &#187; o&#249; LU Yukun voue une sorte de culte aux marchandises achet&#233;es non d&#233;paquet&#233;es, emball&#233;es nagu&#232;re par la belle, se r&#233;v&#232;lent r&#233;jouissantes. Le soupirant n'entre directement en contact qu'avec le premier &#233;ventail, non empaquet&#233;, c&#233;dant &#224; quelque f&#233;tichisme. Hilarante r&#233;surrection subite de l'enfant alit&#233; feignant la maladie afin d'apitoyer sa m&#232;re : celle-ci c&#233;dant, l'in&#233;dit Lazare LIU Sheng rena&#238;t&#8230; Autre sc&#233;nographie comique, li&#233;e au &#171; comique de situation &#187; : lorsque, cherchant Ashiou disparue, l'amoureux rencontre brusquement le lourd visage de son serviteur. Fantastique et m&#234;me fantaisie d&#233;brid&#233;e f&#233;condent le spectacle. Ainsi, les pouvoirs de la f&#233;e provoquent la tomb&#233;e du sabre recourb&#233; brandi par LIU Zhong, qui voulut se transformer en guerrier au torse nu, lors du traquenard pr&#233;par&#233; par le domestique et son ma&#238;tre. La f&#233;e (re)transforme le pr&#233;sum&#233; sabreur en serveur. Les cadeaux cach&#233;s des paquets se percevront en d&#233;finitive brique, terre, poussi&#232;re&#8230; La c&#233;sure liminaire du songe interrompu par le domestique s'effor&#231;ant de r&#233;veiller son jeune ma&#238;tre, qui implorait pour Ashiou, &#233;vanoui au temple, n'&#233;quivaudrait pas &#224; un d&#233;faut : il s'agit de distinguer entre le r&#234;ve ou cauchemar et le futur vrai r&#233;veil du protagoniste. Avantageusement, l'ultime pirouette sc&#233;naristique refusera une explication &#233;troitement rationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se garder d'analyser le film en br&#251;lots antif&#233;odal, voire anticonfucianiste : l'autorit&#233; patriarcale y para&#238;t bien l&#226;che. Ainsi, d&#233;sirant la tranquillit&#233; de ses &#233;bats amoureux, Ashiou donne &#224; son papa l'alcool dont le film exhiba l'app&#233;tence et de la viande : le p&#232;re observe le couple fol&#226;trant, sourit et se rassied &#224; sa table afin de boire et manger. Convions le spectateur &#224; la revigorante destruction des objets de la boutique : la jouvencelle commence, son papa tente bri&#232;vement et vainement de l'arr&#234;ter, puis l'accompagne dans le saccage terminal. Malgr&#233; leurs nombreuses disputes, Ashiou et le p&#232;re se r&#233;v&#232;lent complices, la fille d&#233;cidant et malmenant celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; de ton caract&#233;rise Ashiou ou la d&#233;esse de l'amour, inh&#233;rente &#224; la cat&#233;gorie litt&#233;raire du conte. V&#233;ritablement quelque audace : la seule pr&#233;paration de l'amoureux attendant sa belle dans la masure consiste &#224; &#233;pousseter et v&#233;rifier le lit &#224; baldaquin ; &#224; leur premi&#232;re nuit ensemble, on voit les amants s'asseyant sur le lit ; par la suite, un plan suggestif expose l'oreiller double, le lit d&#233;faits&#8230; &#171; Mieux ou pis &#187; : le spectateur attentif surprendra ensuite la femme v&#233;rifier sa longue natte, geste aussi gracieux qu'&#233;rotique &#8211; un &#233;rotisme subtil s'entend &#8211; similaire &#224; celui de Mei Fei rajustant sa coiffe post&#233;rieurement &#224; une nuit d'amour avec un &#171; empereur LU Yukun &#187; : &#171; intertextualit&#233;s filmiques &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, d&#233;celons quelque enseignement s&#233;rieux, s'accordant &#224; la spiritualit&#233; chinoise. Logiquement, on peut r&#233;f&#233;rer l'intrigue intriquant &#171; r&#233;alit&#233; &#187; et songe au concept des espaces-temps Shichen : un long r&#234;ve peut ne durer que quelques instants dans le monde ordinaire, le serviteur accourant peu apr&#232;s l'&#233;vanouissement du h&#233;ros, mais constituer toute une histoire en un autre espace-temps, pr&#233;cis&#233;ment celle d'&#171; Ashiou la f&#233;e-renarde &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une superbe et embl&#233;matique sc&#232;ne concerne la premi&#232;re apparition de l'ensorcelante &#171; Ashiou renarde &#187; dans la masure o&#249; loge le jeune homme parti &#224; sa recherche : beau plan o&#249; les doigts fins et blancs de ZHOU Xuan surgissent, ouvrant la porte en pleine nuit. On pourrait penser qu'il s'agit d'un &#171; plan gratuit &#187;, la main apparaissant avant le visage. N&#233;anmoins, la patte de la &#171; renarde &#187; ne lui sert-elle pas &#224; &#171; t&#226;ter le terrain &#187;, voire &#224; engendrer quelque tension ? Plut&#244;t que de &#171; surinterpr&#233;trer &#187; un pr&#233;sum&#233; anti-confucianisme, il convient de distinguer le th&#232;me de la &#171; femme-renarde &#187;, qui c&#232;de, voire devance les d&#233;sirs de l'homme. Une telle d&#233;vergond&#233;e ne vaudrait que renarde&#8230; De fa&#231;on symptomatique, la belle rejoint le jeune homme, et non l'inverse.&lt;br class='autobr' /&gt;
PU Songling naquit en 1640 au Shandong et d&#233;c&#233;da en 1715. L'&#233;crivain prolifique &#233;choua constamment aux concours de la &#171; bureaucratie c&#233;leste &#187; sous la dynastie Qing et dut s'abaisser &#224; enseigner. Liaozhai Zhiyi, publi&#233; au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle, comporte 431 courtes histoires, d'in&#233;gale longueur, questionnant volontiers l'amour et la fid&#233;lit&#233; au sein des relations maritales. Le film Ashiou rend compte tant du r&#233;cit que du style de l'&#339;uvre litt&#233;raire : l'&#233;crivain d&#233;peint habilement les personnages, en une langue fluide, vive, volontiers outranci&#232;re, voire satirique. Consacrant le succ&#232;s du livre, de nombreux r&#233;alisateurs s'en inspirent. Ainsi, CHAN Ka-Seung et CHEN Jiashang adaptent Hua Pi, La Peau peinte, en 2008, filmant ZHOU Xun en &#171; renarde-anthropophage-f&#233;e &#187;, post&#233;rieurement aux adaptations de 1965 et 1993. Dans ce que nous baptiserons cette &#171; tradition cin&#233;mato-litt&#233;raire &#187; s'inscrivit ant&#233;rieurement le succ&#232;s hongkongais de LEE Sun Fung en 1962 : Hu Shan Meng, &#28246;&#23665;&#30431;, toujours un fant&#244;me f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectateur appr&#233;ciera la fra&#238;cheur de ZHOU Xuan dans Ashiou ou la d&#233;esse de l'amour o&#249; elle d&#233;passait pourtant d&#233;j&#224; largement le milieu de sa carri&#232;re. L'actrice interpr&#232;te deux personnages avec le m&#234;me enjouement. On insistera sur la performance artistique de la com&#233;dienne et non sur le truquage, &#224; ne pas na&#239;vement &#171; surinterpr&#233;ter &#187; : Nanjing, Shanghai, Beijing, Hong Kong acc&#233;daient aux productions occidentales. Notre ic&#244;ne sait varier son jeu, laissant percevoir la renarde qui se cache sous sa jolie peau blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le, l&#233;ger, primesautier, des &#171; deux Ashiou &#187;, habill&#233;es de costumes d'&#233;poque, permet &#224; la vedette de retrouver la gr&#226;ce de son enfance et de jouer l'espi&#232;glerie. La com&#233;dienne s'en donne &#224; c&#339;ur joie : gracieuses moues&#8230; Ashiou, rapidement int&#233;ress&#233;e par son client compulsif, ne sait comment employer ses mains : cette timidit&#233; doit enchanter les spectateurs, sachant qu'Ashiou reste ou s'av&#232;re femme. Le spectateur attentif verra que celle-ci entreprend la premi&#232;re de prendre l'initiative de toucher physiquement l'autre. Elle saisira la main de son amoureux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film pr&#233;sent&#233; n'offre qu'une seule chanson, uniquement esquiss&#233;e, a capella, au commencement, d&#233;montrant certes le talent de la chanteuse : chant sans musique alors que celle-ci s'entend autrement vivement tout au long de l'&#339;uvre. Remarquons qu'il s'agit de retrouvailles s'agissant de ZHOU Xuan et LU Yukun, pr&#233;c&#233;demment r&#233;unis au tout autre contexte filmique de Mei Fei et qui jou&#232;rent souvent ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Histoire secr&#232;te de la Cour des Qing </title>
		<link>http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?article275</link>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#28165;&#23470;&#31192;&#21490; L'Histoire secr&#232;te de la Cour des Qing Qing Gong Mi Shi Sc&#233;nario : YAO Ke ; r&#233;alisation : ZHU Shilin ; chef-op&#233;rateur : ZHUANG Guojun ; montage : WANG Zhaoxi ; costumes : LU Shihou. Avec : ZHOU Xuan (la concubine Zhen), SHU Shi (l'empereur Guangxu), TANG Ruoqing (l'imp&#233;ratrice douairi&#232;re Cixi), HONG Bo (l'eunuque LI Lianying), XU Li (KANG Youwei), LIN Jing (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#28165;&#23470;&#31192;&#21490;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire secr&#232;te de la Cour des Qing &lt;br class='autobr' /&gt;
Qing Gong Mi Shi&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario : YAO Ke ; r&#233;alisation : ZHU Shilin ; chef-op&#233;rateur : ZHUANG Guojun ; montage : WANG Zhaoxi ; costumes : LU Shihou.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : ZHOU Xuan (la concubine Zhen), SHU Shi (l'empereur Guangxu), TANG Ruoqing (l'imp&#233;ratrice douairi&#232;re Cixi), HONG Bo (l'eunuque LI Lianying), XU Li (KANG Youwei), LIN Jing (l'imp&#233;ratrice JIN Li), XU Xinyuan (RONG Lu), CHEN Qi (la concubine Jin), WONG Ban (WENG Tonghe).&lt;br class='autobr' /&gt;
Hong Kong, Yonghua (Yung Hwa), 1948.&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : drame historico-sentimental en costumes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#32232;&#21127; : &#23002;&#20811; ; &#23566;&#28436; : &#26417;&#30707;&#40607; ; &#25885;&#24433; : &#33674;&#22283;&#37406; ; &#21098;&#25509; : &#29579;&#26397;&#26342; ; &#26381;&#35037;&#36947;&#20855;&#35373;&#35336; : &#30439;&#19990;&#20399;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#21608;&#29831; (&#39166;&#29645;&#22915;), &#33298;&#36969; (&#39166;&#20809;&#32210;), &#27946;&#27874; (&#39166;&#26446;&#34030;&#33521;), &#21776;&#33509;&#38738; (&#39166;&#24904;&#31143; - &#35199;&#22826;&#21518;), &#24464;&#31435; (&#39166;&#24247;&#26377;&#28858;), &#26519;&#38748; (&#39166;&#26185;&#28583;&#30343;&#21518;), &#23004;&#26126; (&#39166;&#31471;&#35242;&#29579;), &#24464;&#33688;&#22290; (&#39166;&#27054;&#31103;), &#38515;&#29734; (&#39166;&#29822;&#22915;), &#32645;&#32173; (&#39166;&#34945;&#19990;&#20977;), &#23697;&#31684; (&#39166;&#35377;&#25033;&#39460;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire d'amour entre l'empereur Guangxu et la concubine Zhen, combattue par l'imp&#233;ratrice douairi&#232;re Cixi, prend rendez-vous avec l'Histoire des derni&#232;res ann&#233;es de la dynastie mandchoue des Qing, &#171; la derni&#232;re dynastie de Chine &#187;, dans la p&#233;riode chaotique entre 1889 et 1900. Conjointement aux quelques jours de r&#233;formes reposant sur un groupe de personnages, les luttes d'influences entre la r&#233;gente et l'empereur, le craintif Guangxu, s'exercent sur le plan tant sentimental que politique. A cause de Cixi, l'empereur n'ose prendre Zhen, celle qu'il aime, comme premi&#232;re &#233;pouse, mais Longyu, choisie par sa tutrice. Cependant, Zhen, forte femme, suscitera toujours davantage la jalousie de Cixi. En toile de fond &#224; ces conflits familiaux se joue le sort de l'empire, ou de ce qui en reste&#8230; Si l'empereur appara&#238;t favorable au r&#233;formisme, selon le mod&#232;le de l'&#232;re Meiji au Japon, l'imp&#233;ratrice douairi&#232;re s'y oppose fermement. Impossible r&#233;forme de l'Etat&#8230; Au demeurant, l'eunuque LI Lianying, courtisan malin de la r&#233;gente, consacrera les fonds destin&#233;s &#224; la marine au Palais d'&#233;t&#233; en l'honneur de l'anniversaire de Cixi. L'affaiblissement de la flotte conduit &#224; la d&#233;faite de la guerre sino-japonaise (1894-1895). Guangxu souhaite employer les services de r&#233;formateurs tels que KANG Youwei. La r&#233;gente force cependant &#171; l'empereur &#187; &#224; ordonner l'ex&#233;cution de KANG Youwei, qui s'&#233;chappe gr&#226;ce &#224; Zhen. Guangxu essaye de s'emparer du pouvoir en compagnie de YUAN Shikai, pour que celui-ci assassine Rong Lu, l'un des partisans de Cixi, et arr&#234;te celle-ci. Mais YUAN Shikai trahit en se ralliant &#224; la r&#233;gente. On emprisonne &#171; l'empereur &#187; et Zhen&#8230; Face &#224; l'invasion des troupes occidentales suite au soul&#232;vement des Boxers, Cixi, avant de fuir Beijing, intime &#224; Zhen de se suicider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons les r&#244;les clefs des magnifiques costumes, des d&#233;cors int&#233;rieurs, de l'intrigue psychologique, la reconstruction historique ne constituant qu'un aspect du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fortes interactions animent les relations entre les personnages, les acteurs&#8230; Les femmes s'exposent fortes et combatives. Ainsi de Cixi, m&#234;me dans son fol orgueil et sa d&#233;cadence, et de Zhen, &#224; travers son amour et son soutien courageux ind&#233;fectibles &#224; l'empereur. Les &#171; r&#244;les de t&#234;te &#187; f&#233;minins infirment la th&#232;se de &#171; personnages f&#233;minins &#233;rotis&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#21608;&#29831; assume bien s&#251;r son r&#244;le, dot&#233; d'une gravit&#233; certaine. Le jeu de l'actrice s'av&#232;re superbe, exprim&#233; particuli&#232;rement par ses yeux. Au demeurant, l'&#339;uvre utilise syst&#233;matiquement les gros plans sur les regards. Remarquons que, si ZHOU Xuan d&#233;ploie ses talents de chanteuse, une seule chanson s'entend au film. Unique et s&#251;rement attendue par les admirateurs de la chanteuse, dont les effets se m&#233;nagent puisque la musique et le chant correspondant commencent alors que la vedette se trouve encore hors champ&#8230; La musique s'entend &#171; extradi&#233;g&#233;tique &#187;, quoique les musiques accompagnent avec insistance le d&#233;roulement filmique, sp&#233;cialement au moyen de cuivres. Malgr&#233; les fastes imp&#233;riaux montr&#233;s &#224; l'&#233;cran, on y constate l'absence totale de tout instrument de musique. Zhen symbolise le sens du sacrifice, prot&#233;geant en particulier son bien-aim&#233;, voire l'&#201;tat, t&#233;moignant d'intelligence et de courage ; la concubine incarne m&#234;me un agent de la modernit&#233;, en s'habillant en homme et en vantant les m&#233;rites d'un appareil photographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennemie tant intime que politique de ZHOU Xuan, la r&#233;gente Cixi se hausse &#224; la mesure du talent manifest&#233; par la premi&#232;re : TANG Ruoqing ex&#233;cute une magnifique performance, sachant rendre ses changements d'apparence physique visibles. Les artifices de la jeunesse et de la cosm&#233;tique &#8211; ou de l'&#233;clairage de cin&#233;ma &#8211; se d&#233;noncent : l'imp&#233;ratrice semble changer d'&#226;ge, en fonction des plans, le vieillissement s'acc&#233;l&#233;rant et se calculant en dizaine d'ann&#233;es. Au total, la com&#233;dienne sait pratiquer un jeu fort nuanc&#233;. D'autant que la femme subit des sc&#232;nes d'une pr&#233;cision inquisitoriale : la cam&#233;ra focalise tant sur les avanies du temps que sur la somptuosit&#233; des toilettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
ZHU Shilin et la monstration de ces vigoureux personnages f&#233;minins &#233;chappent &#224; quelque &#171; assignation convenue des r&#244;les sexuels &#187;. On doit cependant accorder une mention sp&#233;cifique &#224; l'acteur HONG Bo, qui disparut en 1968 et interpr&#232;te l'eunuque LI Lianying. Celui-ci incarne un parangon de tartuferie. De nombreuses sc&#232;nes lui permettent d'exprimer son double jeu. Embl&#233;matiquement, en tant que courtisan, non seulement il coiffe lui-m&#234;me Cixi malgr&#233; la cohorte de soubrettes entourant la douairi&#232;re, mais l'enj&#244;leur cache les cheveux &#8211; noirs &#8211; tomb&#233;s sur le peigne afin de ne pas risquer de d&#233;sillusionner la femme vieillissante sur ses efforts cosm&#233;tiques. Ouvrant le &#171; d&#233;roulement filmique &#187;, des interstices s'ins&#232;rent dans le jeu de l'obs&#233;quieux eunuque afin de laisser surgir son &#226;me, noire&#8230; L'eunuque d&#233;voile son for int&#233;rieur par une algarade embl&#233;matique : gifl&#233; par Zhen et geignard, il joue l'ob&#233;issant en s'appr&#234;tant &#224; ex&#233;cuter l'ordre prof&#233;r&#233; par la r&#233;gente de frapper celle qui ose s'opposer. Les sourires ou moues de l'eunuque &#233;voquent aussi le m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#171; sc&#232;ne de gifle &#187; embl&#233;matique, geste ponctuant d&#233;cid&#233;ment L'Histoire secr&#232;te, et que nous devons baptiser, vers la fin : l'eunuque arbore un sourire apr&#232;s que Cixi souffleta, avec un claquement tel un coup de fouet, Zhen. Peu apr&#232;s, LI Lianying s'agenouille humblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre illustrerait les diatribes de LU Xun &#224; l'encontre des eunuques. Comment exprimer la haine en souriant ? en devenant eunuque, r&#233;pondrait possiblement notre auteur. Les mimiques de HONG Bo convainquent en ce sens le spectateur. Ses esquisses de sourire, le cas &#233;ch&#233;ant mena&#231;ant et s'achevant en rictus, incarnent pleinement l'hypocrisie. Gu&#232;re de geste commis par l'eunuque d&#233;nu&#233; d'arri&#232;re-pens&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'interpr&#232;te de Guangxu : retrouvailles pour SHU Shi, l'acteur, et ZHU Shilin, qui le dirigea ant&#233;rieurement aux R&#234;ves de printemps, tout autre contexte filmique. En termes de langage cin&#233;matographique, on doit constater la contradiction entre la faiblesse, la finesse de l'empereur et, d'autre part, la m&#233;thode du r&#233;alisateur filmant le personnage, presque syst&#233;matiquement en contre-plong&#233;e. On sait que celle-ci pr&#233;dispose &#224; procurer une impression de puissance, voire d'&#233;crasement : or, tout &#224; rebours, SHU Shi repr&#233;sente le contraire, Guangxu lui-m&#234;me se soumettant &#233;cras&#233; et domin&#233;. On d&#233;c&#232;lerait dans cette opposition un choix d&#233;lib&#233;r&#233;, susceptible de d&#233;noncer le haut positionnement social, th&#233;orique de l'empereur et son impuissance politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, le film soul&#232;ve des questions de genre : balancement entre &#171; Histoire &#187; et amour, entre affaires publiques et secrets (d'alc&#244;ve), entre macro et micro&#8230; L'Histoire secr&#232;te de la cour des Qing repr&#233;sente effectivement la confrontation entre &#171; Histoire &#187; et gifle(s). Le film, appartenant au genre historique, suit assur&#233;ment &#233;troitement la chronologie et dispense son r&#233;alisateur de ma&#238;trise narrative, de construire l'&#339;uvre autour de plusieurs ann&#233;es. Celle-ci use de la facilit&#233; des cartons, indiquant &#224; l'&#233;cran 1889, 1891, 1894, 1898, 1900 : ceux-ci annoncent simplement et directement diff&#233;rentes &#233;tapes scandant le d&#233;roulement de l'histoire (du film) et de l'&#171; Histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que 1898 est l'ann&#233;e de l'&#233;ph&#233;m&#232;re tentative de lib&#233;ralisation par Guangxu, arr&#234;t&#233;e par la r&#233;gente. Quant au &#171; carton 1900 &#187;, on pense &#224; la fuite de Cixi face &#224; l'&#233;chec des Boxers, dont celle-ci pensait tirer profit, et aux repr&#233;sailles occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'&#339;uvre balance entre &#171; roman d'histoire &#187; et &#171; histoire d'amour &#187;, m&#234;me si l'ombre port&#233;e par l'&#171; Histoire &#187; ne laisse &#224; la cour imp&#233;riale gu&#232;re de place aux badinages, malgr&#233; le nombre et la joliesse des dames courtisanes. Le m&#233;lodrame psychologique se manifeste pr&#233;gnant. Le film progresse &#224; travers des sc&#232;nes somptueuses, &#171; riches en costumes &#187;. ZHU Shilin &#233;prouve sans doute quelque plaisir &#224; cette vie de cour reconstitu&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue &#233;conomique, le travail vaut superproduction. Le cin&#233;aste la r&#233;alisa pour la Yonghua &#8211; Yung Hwa &#8211; de Hong Kong. Dans cette deuxi&#232;me production de la Yonghua, relevons en particulier la magnificence et la diversit&#233; des costumes, pareillement la complexit&#233; des coiffes. L'&#339;uvre doit beaucoup au costumier LU Shihou. M&#233;thodiquement, on soigne les arri&#232;re-plans, &#224; l'instar de tapisseries, de tableaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la production se hausse &#224; l'&#233;chelle de la &#171; grande Histoire &#187; concern&#233;e. Cependant, le film ne s'appesantit pas sur les batailles, symboliquement pr&#233;sent&#233;es plut&#244;t que figurativement. Au demeurant, les &#171; sc&#232;nes de gifles &#187;, appuy&#233;es par leur sym&#233;trie et ass&#233;n&#233;es par des mains f&#233;minines et non par quelque soldatesque, importent davantage&#8230; En revanche, beaucoup de plans et d'actions (psychologiques) se d&#233;roulent dans les regards, moyennant la technique des gros plans sur les yeux. Au total, la complexit&#233; du genre auquel ressortit le film, &#224; la fois macro et micro, se trouve caract&#233;ris&#233;e par le cumul d'essentiels d&#233;cors destin&#233;s &#224; procurer le sentiment de vastitude, d'authenticit&#233; et d'abondants gros plans sur les visages des protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;celons les &#171; litt&#233;rarit&#233; &#187; et symboliques associ&#233;es au film. &#28165;&#23470;&#31192;&#21490; constitue une adaptation d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre sign&#233;e par YAO Ke, sc&#233;nariste et dramaturge renomm&#233; (1905-1991). ZHU Shilin &#233;crivit aussi et assid&#251;ment de nombreux scenarii, sp&#233;cialement celui, assez complexe et novateur, de Chun Zhi Meng, qu'il r&#233;alisa en 1946 en compagnie du talentueux CEN Fan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Effectivement, les relations entre belles-lettres et cin&#233;ma importent au septi&#232;me art en Empire du Milieu : de l'encre &#224; l'&#233;cran&#8230; Typiquement, les sc&#233;naristes et &#233;crivains b&#233;n&#233;ficient d'une renomm&#233;e privil&#233;gi&#233;e par rapport aux r&#233;alisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement aux caract&#232;res chinois volontiers pr&#233;sents dans le champ de la cam&#233;ra, notre Histoire secr&#232;te donne pr&#233;cis&#233;ment &#224; voir plusieurs sc&#232;nes o&#249; l'empereur et Zhen manient le pinceau. L'&#339;uvre montre aussi qu'un &#233;crit engendre des drames, menace de mort ou sauve un r&#233;formateur. Un rouleau tombe entre de mauvaises mains : YUAN Shikai trahit le couple imp&#233;rial en en d&#233;voilant le secret...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, dans la mesure o&#249; la litt&#233;rature s'impr&#232;gne volontiers de symbolisme, la qualit&#233; symbolique du film t&#233;moigne de la litt&#233;rarit&#233; sp&#233;cifique au cin&#233;ma chinois. Formellement, le film insiste sur de nombreuses portes et embrasures, leur franchissement, symbolisant des effets de seuil, pas exclusivement physiques, mais aussi politiques et psychologiques. Enjamber une embrasure vaudrait acte politique&#8230; Similairement, l'&#339;uvre illustre vivement les fastes du &#171; Dragon &#187;, mais aussi la d&#233;ch&#233;ance corporelle, voire morale de la r&#233;gente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relevons un d&#233;tail particuli&#232;rement photog&#233;nique : les deux ongles d&#233;mesur&#233;s de l'imp&#233;ratrice. Ceux-ci valent griffes chez cette femme &#233;prise de domination ; ils incarnent aussi le luxe et la soumission : l'imp&#233;ratrice ne peut effectuer seule aucun acte de la vie quotidienne et une arm&#233;e de soubrettes l'entoure et l'accompagne, d&#232;s son lever. Se coiffer, tenir son ou ses miroirs, voire prendre un si&#232;ge ne sauraient s'effectuer directement par Cixi : les servantes l'appr&#234;tent. Les fort longues &#171; griffes &#187; de l'imp&#233;ratrice, conjointement au symbole matriarcal, &#233;voqueraient les longues manches des danseuses, figurant d'une certaine fa&#231;on oisivet&#233; et luxe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; souligner que le film acc&#232;de indubitablement au statut de chef-d'&#339;uvre gr&#226;ce &#224; l'opposition &#233;minemment symbolique de l'imp&#233;ratrice douairi&#232;re et de Zhen. N&#233;cessairement, la concurrence f&#233;minine se r&#233;v&#232;le f&#233;roce, redoublant la lutte politique pour le pouvoir. D&#232;s le d&#233;but du film, on doit remarquer cette comp&#233;tition, la r&#233;gente commandant au jeune homme de se d&#233;tourner de Zhen, qu'il choisit cependant finalement au sein de la cohorte des superbes beaut&#233;s du palais. Le conflit entre les femmes se voit directement dans ce que nous baptisons les importantes et sym&#233;triques &#171; sc&#232;nes de soufflet &#187; : premi&#232;re gifle inflig&#233;e par Zhen au prot&#233;g&#233; de la r&#233;gente, celle-ci ordonne alors &#224; l'eunuque de gifler la concubine. L'empereur arr&#234;te celui-ci en train de bander les muscles de son bras&#8230; En d&#233;finitive, &#224; une autre sc&#232;ne ult&#233;rieure, Cixi soufflettera violemment Zhen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All&#233;goriquement, relevons le climax final du duel f&#233;minin. &#192; cet &#233;pisode final, Zhen se jettera certes au fond du puits fatal, mais elle s'avance en toute splendeur vestimentaire, alors que la vieille femme, d&#233;guis&#233;e en paysanne suite &#224; l'&#233;chec des Boxers et pour la premi&#232;re fois rid&#233;e, appara&#238;tra d&#233;j&#224; comme un cadavre ambulant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Architecturalement, le palais imp&#233;rial semble plut&#244;t repr&#233;senter une prison &#224; l'encontre des deux amants. Ceux-ci doivent murmurer, chuchoter, voire parler par des signes, l'eunuque espion s'immis&#231;ant &#224; proximit&#233;&#8230; Par ailleurs, la sc&#232;ne du d&#233;placement mat&#233;riel du tr&#244;ne sur ordre de la r&#233;gente ne consiste pas seulement en un d&#233;m&#233;nagement mobilier, mais rev&#234;t un symbole en termes de d&#233;tournement de pouvoir. Un accessoire comme le mouchoir &#224; la main de l'intrigante bien en cour aupr&#232;s de Cixi vaut davantage telle une figuration ostentatoire de tristesse. Plus g&#233;n&#233;ralement, on s'agenouille beaucoup dans l'enceinte du palais, ce qui suscite une impression d'enfermement et de soumission. G&#233;nuflexions (in)sinc&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue philosophique, d&#233;celons l'application de la th&#233;orie des fractales. Effectivement, les int&#233;rieurs, en particulier les mobiliers, voire les v&#234;tements, les coiffes r&#233;sonnent &#224; leur &#233;chelle en &#233;cho par rapport aux b&#226;timents et &#224; l'architecture g&#233;n&#233;rale du palais imp&#233;rial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode de l'intertextualit&#233; permet de rapprocher deux &#339;uvres o&#249; ZHOU Xuan interpr&#232;te une concubine. A la fois dans Mei Fei sept ans auparavant et &#224; L'Histoire secr&#232;te de la cour des Qing, l'empereur s'enfuit de son palais et celle qui l'aime sinc&#232;rement se sacrifie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mariant litt&#233;rarit&#233; et symbolisme, d&#233;celons des aspects op&#233;ratiques. Le film repr&#233;sente la gent masculine selon les r&#232;gles de l'op&#233;ra chinois : faibles, serviles, influen&#231;ables&#8230; Le chant sur l'encens imp&#233;rial, compos&#233; par CHEN Gexin (1914-1961), compositeur r&#233;current de ZHOU Xuan, et interpr&#233;t&#233; par celle-ci, procure quelque atmosph&#232;re po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le film se caract&#233;rise plus par ses aspects visuels que par sa musique : une &#171; cin&#233;tique cin&#233;matographique au palais &#187;, l'art du mouvement dans les int&#233;rieurs dynamisent&#8230; Pr&#233;cis&#233;ment, si L'Histoire secr&#232;te poss&#232;de une caract&#233;ristique formelle essentielle, elle r&#233;side dans l'omnipr&#233;sence du chef-op&#233;rateur ZHUANG Guojun, dont les maniements de cam&#233;ra s'exhibent volontiers, sinon s'admirent. ZHU Shilin semble craindre que le sujet documentaire pr&#233;gnant, les costumes ou les d&#233;cors n'alourdissent : le r&#233;alisateur conduit cons&#233;quemment sa cam&#233;ra &#224; bouger fr&#233;quemment. Syst&#233;matiquement, ZHU Shilin use volontiers du proc&#233;d&#233; consistant &#224; interposer des objets, comme au bureau de Guangxu ou dans le jardin, afin de donner l'impression d'une profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement aux d&#233;placements de cam&#233;ra, au demeurant volontiers rapides, le r&#233;alisateur n'h&#233;site pas &#224; employer fr&#233;quemment l'outil du montage afin de conf&#233;rer des apparences dynamiques &#224; son film et la fluidit&#233;. Ainsi, WANG Zhaoxi use des fondus encha&#238;n&#233;s. Soulignons la trouvaille finale : fondu encha&#238;n&#233; entre la rondeur du puits o&#249; vient de se jeter Zhen et la roue du char sur lequel fuit son bien-aim&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrons m&#234;me la m&#233;thode des mises en abyme. L'&#339;uvre focalise volontiers sur les miroirs et leur importance. &#171; Une cam&#233;ra se place m&#234;me devant une cam&#233;ra &#187;, en pr&#233;sentant une s&#233;ance de photographie, en tout cas une importante sc&#232;ne o&#249; un appareil photographique d&#233;fraye la chronique d'un empire vermoulu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif vaut symbole de la modernit&#233;, dont Zhen incarne l'agent. Celle-ci explique le fonctionnement de la Camera Obscura &#224; une amie, ce qui provoque l'ire de la r&#233;gente survenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de la cam&#233;ra se m&#233;tamorphose, devient di&#233;g&#233;tique, subjectif : le spectateur doit voir l'image invers&#233;e de Zhen &#224; travers l'appareil photographique, &#224; l'instar de l'amie qui y regarde. Le processus r&#233;flexif s'accentue par la transformation progressive de l'amie de Zhen devant l'objectif de la cam&#233;ra, cens&#233; celui de l'appareil photographique : Zhen, &#224; l'instar du r&#233;alisateur, conseille l'amie, qui apprend peu &#224; peu &#224; prendre la pose, gracieusement. Il s'agit de l'un des rares moments de l&#233;g&#232;ret&#233;, certes non gratuite, m&#233;nag&#233; par &#28165;&#23470;&#31192;&#21490;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en abyme photographique ne trahit absolument pas de gratuit&#233; : l'&#233;pisode de la photographie se trouve interrompu par la di&#233;g&#232;se, i.e. int&#233;gr&#233;e &#224; celle-ci lorsque l'imp&#233;ratrice surgit, effrayant les deux femmes qui se photographient. L'appareil photographique cristallisera un nouveau motif de querelle entre Zhen et Cixi, dont le soufflet cons&#233;cutif essuy&#233; par l'eunuque constituera l'apog&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relevons une sc&#232;ne embl&#233;matique, o&#249;, plut&#244;t que de pr&#233;senter une banale promenade de l'empereur devant un palais imp&#233;rial, le film hongkongais rel&#232;ve un rideau, au demeurant translucide : un lac appara&#238;t devant le site. Nouvelle mise en abyme cin&#233;matographique, &#171; film dans le film &#187; tourn&#233; par des exil&#233;s du continent. Il s'agit d'images projet&#233;es sur un &#233;cran int&#233;gr&#233; au fond de la sc&#232;ne : techniquement, cache (contre-cache) superpos&#233; sur la pellicule cin&#233;matographique pr&#233;venant l'exposition de &#171; certaines r&#233;gions du film &#187;, expos&#233;es ult&#233;rieurement aux donn&#233;es images appropri&#233;es. Hong Kong s'&#233;rige ainsi, tant visuellement que th&#233;matiquement, comme la m&#233;moire des fant&#244;mes continentaux, symptomatiques d'&#233;migr&#233;s de Shanghai tels que ZHU Shilin. Dans l'attente de son amour cultive aussi assur&#233;ment les sentiments nostalgiques&#8230; Au total, le cin&#233;ma mandarin s'implante bien &#224; Hong Kong, accueilli par une population de r&#233;fugi&#233;s. Cette question des relations entre les Chine s'av&#232;re plus pertinente que l'hypoth&#232;se politisante et sans doute inepte selon laquelle le personnage de Cixi repr&#233;senterait l'&#233;pouse de MAO Zedong, JIANG Qing, r&#233;troactivement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHU Shilin, n&#233; en 1899 et disparu en 1967, travailla &#224; Shanghai sous l'occupation japonaise et s'exer&#231;a &#224; une diversit&#233; de genres : m&#233;lodrames familiaux, com&#233;dies, films contemporains, en costumes&#8230; Le cin&#233;aste r&#233;alisa des adaptations d'op&#233;ra, de chefs-d'&#339;uvre litt&#233;raires, confirmant le retentissement de la litt&#233;rature sur le cin&#233;ma chinois. En compagnie de FEI Mu, ZHU Shilin, de faible constitution physique, publia le magazine sur le cin&#233;ma Haolaiwu, Hollywood&#8230; En 1946, il se r&#233;fugia &#224; Hong Kong. Le jeune et talentueux CEN Fan, qui suivit ZHU Shilin, aida celui-ci en particulier &#224; L'Histoire secr&#232;te de la Cour des Qing.&lt;br class='autobr' /&gt;
Techniquement, ZHU Shilin pratique volontiers un cin&#233;ma soign&#233;, soucieux du d&#233;tail. R&#234;ves de printemps, ant&#233;rieur &#224; L'Histoire secr&#232;te de 1948, et dot&#233; d'une autre star, HU Die, d&#233;montre cette ma&#238;trise technique. Th&#233;matiquement, le cin&#233;aste se soucie des questions sentimentales et familiales, pr&#234;chant sans doute la reconnaissance du v&#233;ritable amour et contestant probablement ce qu'un confucianisme mal compris pourrait comporter d'hypocrisie sociale, contraire &#224; la libert&#233; des c&#339;urs. L'Histoire&#8230; montre l'efficacit&#233; du filmage selon ZHU Shilin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Air d'une chanteuse</title>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#27468;&#22899;&#20043;&#27468; L'Air d'une chanteuse Gen&#252; Zhi Ge Hong Kong ; film en noir et blanc de 1948 ; production : Compagnie cin&#233;matographique Qidong ; distribution : Da Zhong Hua ; 93 min Genre : trag&#233;die musicale Sc&#233;nario : WU Tieyi ; r&#233;alisation : FANG Peilin ; chef-op&#233;rateur : CAO Jinyun ; compositeurs : CHEN Gexin, LI Jingguang, LIU Ruzeng, YAN Zhexi, LI Houxiang ; parolier : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#27468;&#22899;&#20043;&#27468;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Air d'une chanteuse&lt;br class='autobr' /&gt;
Gen&#252; Zhi Ge&lt;br class='autobr' /&gt;
Hong Kong ; film en noir et blanc de 1948 ; production : Compagnie cin&#233;matographique Qidong ; distribution : Da Zhong Hua ; 93 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : trag&#233;die musicale&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario : WU Tieyi ; r&#233;alisation : FANG Peilin ; chef-op&#233;rateur : CAO Jinyun ; compositeurs : CHEN Gexin, LI Jingguang, LIU Ruzeng, YAN Zhexi, LI Houxiang ; parolier : CHEN Die Yi ; montage : SHEN Yuqi, Cao Nongping&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : ZHOU Xuan (ZHU Lan et LIU Ma), WANG Hao (YE Chunyuan et YE Huatang), GU Ye Lu (FANG Zhiwei), MENG Na (m&#232;re adoptive de ZHU Lan), ZHANG Didi (SHUI Tong)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#32232;&#21127; :&#21555;&#37941;&#32764; ; &#23566;&#28436; : &#26041;&#27803;&#38678; ; &#25885;&#24433; : &#26361;&#36914;&#38642; ; &#21098;&#25509; : &#27784;&#27603;&#22855;, &#26361;&#28611;&#33805;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#28436;&#21729; : &#21608;&#29831;, &#29579;&#35946;, &#39015;&#20063;&#39791;, &#24179;&#21407;, &#33945;&#32013;, &#39759;&#40300;&#39131;, &#24373;&#24351;&#24351;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YE Chunyuan, patron aux m&#339;urs dissolues, veut poss&#233;der la chanteuse de cabaret ZHU Lan, qui le repousse : elle aime le peintre d&#233;sargent&#233; et soupe au lait FANG Zhiwei, dont la col&#232;re l'incite &#224; d&#233;truire sa propre fresque&#8230; Cependant, sur demande de ZHU Lan, Chunyuan embauche Zhiwei dans son service de publicit&#233;, o&#249; &#171; le peintre tire seulement des traits &#187;. Celui-ci se querelle rapidement et violemment avec Chunyuan, qu'il gifle, malgr&#233; l'intercession de ZHU Lan. Celle-ci c&#232;de &#224; la pression de Chunyuan&#8230; Une nuit, ZHU Lan et Zhiwei suivent la &#171; m&#232;re &#187; de l'artiste, visitant secr&#232;tement ZHU Yongtai, un ancien serviteur de la famille YE : la &#171; fille &#187; apprend que YE Huatang, le g&#233;niteur de Chunyuan, viola sa vraie m&#232;re, qui se suicida. Huatang for&#231;a Yongtai &#224; tuer le p&#232;re de ZHU Lan. On emprisonna Yongtai et son &#233;pouse s'occupa de l'orpheline. Les secrets de son enfance vont transformer la vie (m&#233;lo)dramatique de ZHU Lan en trag&#233;die. Les turpitudes des YE, se reproduisant &#171; de p&#232;re en fils &#187;, conduiront au meurtre&#8230; Zhiwei, furieux, part tuer Chunyuan, mais Yongtai l'en emp&#234;che : Yongtai assassinera Chunyuan dans sa vaste demeure et la police arr&#234;tera de nouveau le criminel, athl&#232;te, apr&#232;s une lutte hom&#233;rique avec les domestiques du ma&#238;tre. Toutefois, le spectacle de ZHU Lan continuera au Black Cat Club, avec une derni&#232;re chanson, paradoxalement enjou&#233;e, malgr&#233; la sc&#232;ne d'assassinat qui vient de se d&#233;rouler. The show must go on au Black Cat Club&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WANG Hao, n&#233; en 1917 et par ailleurs r&#233;alisateur, interpr&#232;te le parangon d'ignominie masculine, &#224; travers tant le p&#232;re que le rejeton puisqu'il joue les deux r&#244;les de YE Chunyuan et YE Huatang. GU Ye Lu, n&#233; en 1916, incarne bien l'artiste, caract&#233;riel et fragile, vivant aux d&#233;pens de son amour. Le climax de l'opposition entre les deux personnages masculins survient lorsque le patron, les jambes sur son bureau et la pipe &#224; la bouche, convoque le peintre&#8230; Chunyuan rappelle Zhiwei avec un claquement de doigts, ce &#224; quoi le salari&#233; refuse de r&#233;pondre. Finalement, lourdement conseill&#233; par un coll&#232;gue, Zhiwei se rend au bureau du chef. Tous ses coll&#232;gues &#233;couteront derri&#232;re la porte, confirmant leur nature cancani&#232;re. Le peintre finit par gifler son employeur. ZHOU Xuan interpr&#232;te un personnage pris entre deux feux, deux amants, et &#171; joue son r&#244;le de femme &#187;, i.e. d'ambassadrice, en ne cessant d'interc&#233;der en faveur de Zhiwei : pour son embauche, mais encore en vue d'&#233;viter le pugilat entre le directeur et son nouvel employ&#233;&#8230; Le film montrera en images que la sc&#232;ne de la gifle restera grav&#233;e dans la m&#233;moire de ZHU Lan et la tiendra &#233;veill&#233;e alors qu'elle partage sa chambre avec sa m&#232;re adoptive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film parvient &#224; d&#233;noter l'ambigu&#239;t&#233; de ZHU Yongtai. Malgr&#233; la fiert&#233; qu'il arbore, on pressent son appartenance aux couches inf&#233;rieures de la soci&#233;t&#233;. Surtout, si ZHU Yongtai secourt ZHU Lan face &#224; trois ivrognes et la venge ultimement en poignardant le vil et riche s&#233;ducteur, le sentiment de culpabilit&#233; le motive sans doute : Yongtai servit aux basses besognes de YE Huatang, g&#233;niteur de Chunyuan. Le criminel esp&#232;re sans doute conjurer l'homicide qu'il commit &#171; sur ordonnance du p&#232;re &#187; en tuant son enfant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce &#171; musical noir &#187;, enrichi d'action(s) et de combats d&#233;j&#224; bien chor&#233;graphi&#233;s, l'enfant ZHANG Didi, apprenti du peintre, apporte quelque fra&#238;cheur. De nombreuses chansons ponctuent l'&#339;uvre, sans pour autant distraire du sujet, puisqu'elles s'int&#232;grent au r&#233;cit. La premi&#232;re chanson, &#171; jazzy &#187;, permet &#224; la chanteuse de jouer avec le public, voire de se jouer de lui, en d&#233;cochant sur celui-ci les fl&#232;ches de Cupidon&#8230;. Les morceaux de chant ne se s&#233;parent pas de l'histoire. On appr&#233;ciera lors de la deuxi&#232;me chanson les r&#233;actions diff&#233;renci&#233;es : les danseurs sourient &#224; la chanteuse tandis que leur cavali&#232;re ferme leur regard jaloux. Lorsque ZHOU Xuan interpr&#232;te la troisi&#232;me chanson au piano, le film offre une le&#231;on de cam&#233;ra autour du piano &#224; queue, l'amoureux mangeant&#8230; Les domestiques accourent et applaudissent. Ensuite, ZHU Lan chante dans l'atelier du peintre : les passants ou les voisins se transforment en auditoire spontan&#233;, enthousiaste et ovationnent. Mais, pensant &#224; la dispute avec son amoureux, ZHOU Xuan doit terminer une autre chanson en fuyant pour mieux pleurer. En rapport avec la biographie tourment&#233;e et myst&#233;rieuse de ZHOU Xuan, on peut h&#233;las penser que ces larmes ne s'av&#232;rent pas artificielles : pleurs de b&#233;b&#233; abandonn&#233; et de la femme malheureuse plut&#244;t qu'artifices d'actrice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au demeurant, la m&#233;thode du flash-back, si chinoise, s'utilise pour montrer l'enfance tragique de ZHU Lan et permet &#224; ZHOU Xuan d'interpr&#233;ter dans L'Air d'une chanteuse deux r&#244;les : la jeune m&#232;re et la fille, LIU Ma et ZHU Lan. Biographiquement, ne peut-on dire que le drame de l'orpheline consiste &#224; devoir constituer elle-m&#234;me ses &#171; p&#232;re et m&#232;re &#187; ? On ne peut que noter l'aspect autobiographique du film, la jeunesse, voire la destin&#233;e de ZHOU Xuan ressemblant &#224; la trag&#233;die de ZHU Lan. L'intrigue n'h&#233;site pas &#224; m&#233;nager des coups de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Air d'une chanteuse confirme &#224; l'envi que la ville et ses lumi&#232;res connotent depuis longtemps le cin&#233;ma chinois. Le film offre un g&#233;n&#233;rique embl&#233;matique : les enseignes lumineuses de Shanghai la nuit, Ying King Restaurant&#8230; Au demeurant, gr&#226;ce aux ressources du montage parall&#232;le, la rue reviendra entrecouper la derni&#232;re chanson de ZHOU Xuan. Le film baigne dans une ambiance de vie nocturne, o&#249; l'on fumait d&#233;j&#224; beaucoup&#8230; Les deux &#339;uvres du m&#234;me FANG Peilin Quiproquo et L'Air d'une chanteuse valent vecteurs de la Da Zhong Hua &#224; la fois pour ZHOU Xuan et en faveur du tropisme shanghaien, embl&#233;matisant les nouveaux modes de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; urbaine. Le critique ne doit cependant pas parler anachroniquement de &#171; la soci&#233;t&#233; de consommation &#187;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous retrouvons l'un des fondamentaux du cin&#233;ma chinois : la conjugaison de temporalit&#233;s distinctes. Par exemple, le &#171; sauveur &#187; de ZHU Lan, ZHU Yongtai, appelle un tireur de pousse-pousse pour celle-ci, alors que de gigantesques automobiles sillonnent d&#233;j&#224; les rues et boulevards de Shanghai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Techniquement et artistiquement, le montage se r&#233;v&#232;le soign&#233;. Ainsi, on voit de l'ext&#233;rieur de la grande automobile, qui reconduit chez elle ZHU Lan, la conqu&#234;te ou la proie de WANG Hao, l'un des passagers complices du s&#233;ducteur avant qu'il ne se retourne et le plan suivant pris &#224; l'int&#233;rieur du vaste v&#233;hicule s'av&#232;re &#171; raccord &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment, L'Air d'une chanteuse illustre la ma&#238;trise technique de FANG Peilin, dont on rappellera l'immense succ&#232;s de son Hua Shen Gu Niang : La Fille travestie b&#233;n&#233;ficia de pas moins de quatre parties en 1936 et 1939. L'Air d'une chanteuse repr&#233;sente la derni&#232;re &#339;uvre du cin&#233;aste, sortie &#224; titre posthume, ce qui peut expliquer quelques soubresauts&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quiproquo</title>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#33457;&#22806;&#27969;&#40367; Quiproquo Hua Wai Liu Ying Sc&#233;nario : HONG Mo ; r&#233;alisation : FANG Peilin ; chef op&#233;rateur : CAO Jinyun ; montage : SHEN Yuqi, CAO Sannong ; parolier : CHEN Die Yi ; compositeurs : LIN Mei, YAO Min&#8230; ; mixage : SUN Bingyun Hong Kong, 1948 ; noir et blanc ; production : Da Zhong Hua ; 95 min Genre : com&#233;die Avec : ZHOU Xuan, L&#220; Yukun, MENG Na (m&#232;re de ZHOU (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#33457;&#22806;&#27969;&#40367;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quiproquo&lt;br class='autobr' /&gt;
Hua Wai Liu Ying&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario : HONG Mo ; r&#233;alisation : FANG Peilin ; chef op&#233;rateur : CAO Jinyun ; montage : SHEN Yuqi, CAO Sannong ; parolier : CHEN Die Yi ; compositeurs : LIN Mei, YAO Min&#8230; ; mixage : SUN Bingyun&lt;br class='autobr' /&gt;
Hong Kong, 1948 ; noir et blanc ; production : Da Zhong Hua ; 95 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : com&#233;die&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : ZHOU Xuan, L&#220; Yukun, MENG Na (m&#232;re de ZHOU Ying), YAN Hua, WEN Yan (&#233;pouse de Lao Zhao), XIA Lian (Ah Bao), AI Fan (camarade de classe), DENG Nan, DAN Wei, HE Ping, FANG Yuan&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;alisation : &#26041;&#27803;&#38678;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : &#21608;&#29831;, &#21525;&#29577;&#22531;, &#33945;&#32435;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHOU Ying, incarn&#233;e par ZHOU Xuan, jeune lettr&#233;e g&#233;rant avec enjouement un restaurant familial, joue tant de la caisse enregistreuse que du boulier et gazouille jour et nuit, aussi bien en ext&#233;rieur qu'&#224; l'int&#233;rieur, voire siffle, tel le loriot&#8230; Le chant de ZHOU Ying importune le lettr&#233; DING Qiushi, interpr&#233;t&#233; par YAN Hua, qui travaille comme pr&#233;cepteur chez des voisins, la famille SHEN. D&#232;s la premi&#232;re chanson, Ying d&#233;range celui-ci : elle distraie ses deux &#233;l&#232;ves, qui se pr&#233;cipitent sur la terrasse pour mieux l'&#233;couter chanter et l'applaudir. N&#233;anmoins Ying, volontiers mutine, et Qiushi, malgr&#233; leurs nombreuses disputes, s'&#233;prennent l'un de l'autre, au sein d'un cadre bucolique. Survient une nouvelle querelle lorsque Qiushi refuse l'aide financi&#232;re de Ying, qui pousse le jeu jusqu'&#224; se dissimuler dans la vaste malle arri&#232;re &#8211; &#233;clair&#233;e puisque entr'ouverte &#224; cause du bagage &#8211; de l'automobile de SHEN Chuanqing, &#233;l&#233;gant jeune homme interpr&#233;t&#233; par L&#220; Yukun, en partance pour Shanghai. Ce voyage non voulu permet &#224; la com&#233;die d'atteindre un climax&#8230; Le visage noirci de salet&#233;, Ying d&#233;chire sa robe en se d&#233;gageant du coffre, en plein centre ville : ris&#233;e des badauds, des enfants, m&#234;me le tireur de pousse-pousse la d&#233;daigne. Cependant, Lao Zhao secourt Ying. Le sauveur conduit celle-ci &#224; l'appartement de Chuanqing, du type gar&#231;onni&#232;re aux tableaux suggestifs&#8230; La machine infernale du Quiproquo s'emballe ainsi. Ying demande &#224; Lao Zhao d'aller emprunter des v&#234;tements chez une camarade de classe. Toutefois, suite &#224; une m&#233;prise, la police arr&#234;te Lao Zhao, confondu avec un voleur. La fianc&#233;e de Chuanqing, LI Anlin, t&#233;l&#233;phone &#224; l'appartement de son bien-aim&#233; : Ying d&#233;croche, mais raccroche vite&#8230; Soup&#231;onneuse, Anlin se rend nuitamment &#224; la r&#233;sidence de son ami, suivie par Qiushi, pour surprendre Ying en situation compromettante : Ying, en pyjama et robe de chambre, tente de sauver sa r&#233;putation en se cachant une partie de la longue nuit qu'elle doit subir au fond de l'armoire situ&#233;e dans la chambre de Chuanqing, non sans oublier d'emporter sa bo&#238;te de biscuits pr&#233;f&#233;r&#233;s, les &#171; Superior Biscuits &#187; &#8211; en anglais original &#8211; de la Chun Hing Co. Les soup&#231;ons conduiront la demoiselle jalouse et l'amoureux de Ying, peu comp&#233;tent pour mener l'enqu&#234;te, &#224; s&#233;questrer Chuanqing afin qu'il d&#233;nonce la cachette de sa pr&#233;sum&#233;e ma&#238;tresse. Celui-ci parviendra &#224; tromper la surveillance. H&#233;las, les deux jaloux montent la garde devant l'appartement&#8230; Les nombreux rebondissements continuent : la nuit s'&#233;ternise pour Chuanqing s'effor&#231;ant de sauver sa r&#233;putation et celle de Ying. Au demeurant, celui-ci devra m&#234;me partager son lit avec Qiushi. Les deux amants pr&#233;sum&#233;s, Ying toujours v&#234;tue d'un &#171; d&#233;shabill&#233; &#187;, devront, &#224; l'instar des oiseaux, sauter, &#171; voler &#187; d'un balcon &#224; un autre, au sixi&#232;me &#233;tage, en vue de voler des v&#234;tements&#8230; Nonobstant, on finit par d&#233;couvrir Ying. Tout semble alors perdu pour les protagonistes, la suspicieuse proposant m&#234;me un mariage de vengeance &#224; Qiushi : la d&#233;fiante Anlin rend sa bague de fian&#231;ailles &#224; son ex-fianc&#233;, la jette par terre&#8230; In extremis, Lao Zhao revient, lib&#233;r&#233;, et d&#233;noue les quiproquos. Apr&#232;s une sc&#232;ne de m&#233;nage &#233;pique entre Lao Zhao et sa propre &#233;pouse, femme-tigresse, les deux couples protagonistes semblent sur le chemin de la r&#233;conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiproquo constitue un v&#233;ritable joyau de com&#233;die, cultivant le comique de situation, m&#233;nageant les surprises avec un art de la sym&#233;trie des fourvoiements bien chinois. Ge&#244;le populeuse o&#249; croupit Lao Zhao versus luxueuse &#171; gar&#231;onni&#232;re-prison &#187; pour Ying&#8230; L'&#339;uvre ose utiliser une intrigue tumultueuse, parfois &#224; la limite du scabreux, tout en restant une com&#233;die de bon ton &#8211; polys&#233;mique &#8211; relev&#233;e par l'ambiance musicale. L'&#339;uvre pr&#233;sente deux parties assez distinctes : vastes d&#233;cors, m&#234;me naturels, bucoliques versus huis clos de l'appartement citadin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;rique, charmant, marque d&#233;j&#224; le genre com&#233;die, l'espi&#232;glerie qu'arbore ici ZHOU Xuan caract&#233;risant le film. De nombreuses sc&#232;nes s'av&#232;rent hilarantes : lorsque Ying et sa complice bernent le lettr&#233; Qiushi, client du restaurant, en pimentant outre mesure son bol. Ou encore lors de l'interrogatoire nocturne men&#233; par la femme m&#233;fiante, intimant &#224; l'accus&#233; innocent de parler avec un Leitmotiv : &#171; Shuo ! &#187; Autre climax : quand Chuanqing, s'appr&#234;tant &#224; se coucher, d&#233;couvre Ying dans l'armoire, endormie, l'un de ses chers biscuits &#224; la bouche&#8230; Autres &#171; points d'orgue &#187; : lorsque la jalousie incarn&#233;e, LI Anlin, mart&#232;le de fa&#231;on compulsive &#224; la porte des suspects. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sociologiquement, le cumul de temporalit&#233;s diff&#233;rentes se r&#233;v&#232;le typique du cin&#233;ma chinois : le pr&#233;cepteur en robe traditionnelle chinoise enseigne &#224; un &#233;l&#232;ve en cravate, le temps de ce que nous baptisons les &#171; automobiles-locomotives &#187; se conjugue avec celui des pousses. Sans oublier l'horloge de marque Westclock sur laquelle la cam&#233;ra focalise fr&#233;quemment pendant la nuit la plus longue que SHEN Chuanqing passe en partageant contre son gr&#233; son lit avec DING Qiushi. Quelques fondamentaux : l'insolence de la servante, le peuple badaud&#8230; Quant &#224; la Chun Hing, dont le film montre humoristiquement que les biscuits s&#233;duisent Ying, affam&#233;e et prisonni&#232;re paradoxale de l'opulent logement, indiquons qu'une entreprise hongkongaise homonyme existe toujours, produisant en particulier les fameux White Rabbits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreuses chansons qui ponctuent Quiproquo valent bien plus qu'interm&#232;des musicaux. ZHOU Xuan n'interpr&#232;te pas moins de six chansons, volontiers bucoliques, enjou&#233;es ou d'amour. La Lune constitue l'un des th&#232;mes, sp&#233;cifique au septi&#232;me art chinois. Les chants ne doivent pas s'analyser en simples interludes : ils s'ins&#232;rent g&#233;n&#233;ralement dans l'action, voire permettent &#224; celle-ci de progresser, sachant que, m&#234;me lorsque la chanteuse gazouille, l'actrice continue de jouer. Ainsi, lorsque ZHOU Xuan chante dans l'appartement de son ami, feuilletant Life, la chanson s'av&#232;re di&#233;g&#233;tique : l'ombre de la chanteuse passe derri&#232;re la fen&#234;tre &#233;clair&#233;e, avivant la suspicion de LI Anlin dont le pousse vient d'arriver en bas de l'immeuble moderne&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Techniquement et artistiquement, le film associe des d&#233;cors naturels aux plateaux de studio, contribuant &#224; favoriser l'atmosph&#232;re pastorale de certaines sc&#232;nes. Le cin&#233;aste pousse le souci du d&#233;tail, afin de cultiver le spontan&#233;, conforme &#224; une com&#233;die au style enlev&#233;, enjou&#233; : les branches s'agitent r&#233;guli&#232;rement sous ce que nous baptisons une brise de studio, le vent souffle m&#234;me un journal sur ZHOU Ying alors qu'elle parle, voire se dispute avec son bien-aim&#233; sur l'herbe, ou encore Ying, en feuilletant un magazine, renverse un mod&#232;le r&#233;duit d'avion, accessoire caract&#233;ristique dans l'appartement du jeune homme &#224; la derni&#232;re mode de Shanghai. De m&#234;me, en sortant difficilement de la malle du v&#233;hicule o&#249; elle voyagea &#224; son corps d&#233;fendant en passager clandestin, Ying d&#233;chire sa robe coinc&#233;e par la valise : cette anecdote construit l'intrigue, justifiant que notre h&#233;ro&#239;ne passera toute la nuit dans un appartement &#233;tranger avec une tenue compromettante&#8230; Remarquons aussi le montage soign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, l'une des plus belles sc&#232;nes s'ouvre par une ode nocturne &#224; la Lune de ZHOU Xuan, qui rouvre la fen&#234;tre de sa chambre, les oiseaux aimant l'air&#8230; La chanson p&#233;n&#232;tre le cabinet du lettr&#233; Qiushi, jusque l&#224; affair&#233; &#224; sa r&#233;daction. Remarquable plan-s&#233;quence de la chanteuse vers le bureau du futur amoureux en passant par la porte-fen&#234;tre de la chambre de celui-ci. Le lettr&#233; exprime sa lutte int&#233;rieure pour ne pas se laisser divertir, charmer, et ferme finalement sa fen&#234;tre. Mais la m&#233;lodie s'introduit toujours chez lui et finalement dans son c&#339;ur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FANG Peilin &#8211; 1908-1947 &#8211; commen&#231;a par la sc&#233;nographie : Quiproquo montre bien sa ma&#238;trise des d&#233;cors. Le sc&#233;nographe d&#233;buta dans la r&#233;alisation en 1936. Rest&#233; &#224; Shanghai pendant l'occupation japonaise, il r&#233;alisa des com&#233;dies musicales &#224; succ&#232;s et poursuivit cette carri&#232;re &#224; Hong Kong. Au demeurant, le succ&#232;s commercial de &#21270;&#36523;&#22993;&#23064;, Hua Shen Gu Niang, La Fille travestie, r&#233;alis&#233; par FANG Peilin en 1936, inspira de nombreux autres films. Au-del&#224; du cas d'esp&#232;ce, le parcours de ce cin&#233;aste doit permettre de mieux comprendre &#171; l'&#226;ge d'or &#187; cin&#233;matographique : en v&#233;rit&#233;, &#224; partir des ann&#233;es trente, la majorit&#233; des r&#233;alisateurs et des sc&#233;naristes adopta et pratiqua les valeurs du divertissement. Par ailleurs, FANG Peilin s'av&#232;re repr&#233;sentatif des cin&#233;astes r&#233;fugi&#233;s &#224; Hong Kong vers la fin des ann&#233;es quarante et qui cr&#233;&#232;rent un cin&#233;ma hongkongais en mandarin dans un contexte de traditionnelle production locale cantonaise. Le cin&#233;aste disparut dans un accident d'avion alors qu'il finissait Quiproquo. Celui-ci sortit &#224; titre posthume.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'attente de son amour</title>
		<link>http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?article272</link>
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		<dc:date>2010-08-08T14:52:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#38263;&#30456;&#24605; Dans l'attente de son amour Chang Xiang Si Sc&#233;nario : FAN Yanqiao ; r&#233;alisation : HE Zhaozhang ; chef-op&#233;rateur : LUO Congzhou ; montage : ZHOU Shiqing ; musique : CHEN Gexin, LIANG Yueyin, LI Jinguang Avec : ZHOU Xuan (LI Xiangmei), SHU Shi (GAO Zhijian), HUANG Wansu (LIU Qing), LIANG Fu (HOU Xinming), YAN Bijun (m&#232;re de HOU Xinming), BAI Chen (ZHANG Keji), (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#38263;&#30456;&#24605;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'attente de son amour&lt;br class='autobr' /&gt;
Chang Xiang Si&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario : FAN Yanqiao ; r&#233;alisation : HE Zhaozhang ; chef-op&#233;rateur : LUO Congzhou ; montage : ZHOU Shiqing ; musique : CHEN Gexin, LIANG Yueyin, LI Jinguang&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : ZHOU Xuan (LI Xiangmei), SHU Shi (GAO Zhijian), HUANG Wansu (LIU Qing), LIANG Fu (HOU Xinming), YAN Bijun (m&#232;re de HOU Xinming), BAI Chen (ZHANG Keji), CHEN Huanwen (GAN Zhuzhi), CHEN Zhong (soldat japonais), LIU Renjie (SONG Yiqing), HAI Tao (Mme MA)&lt;br class='autobr' /&gt;
Production : Compagnie cin&#233;matographique Huaxing ; distribution : Da Zhong Hua ; Hong Kong ; film en noir et blanc de 1947 ; 82 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : drame&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#32232;&#21127; : &#33539;&#29017;&#27211; ; &#25885;&#24433; : &#32645;&#24478;&#21608; ; &#21098;&#25509; : &#21608;&#35433;&#28165; ; &#38899;&#27138; : &#38515;&#27468;&#36763;, &#26753;&#27138;&#38899;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#21608;&#29831;, &#33298;&#36969;, &#40643;&#23451;&#34311;, &#30333;&#27785;, &#26753;&#34472;, &#38991;&#30887;&#21531;, &#38515;&#29029;&#25991;, &#38515;&#37325;, &#38518;&#30001;, &#34157;&#39080;, &#21555;&#36872;, &#21129;&#20161;&#20625;, &#23004;&#21335;, &#39759;&#40300;&#39131;, &#28023;&#28644;, &#38991;&#30887;&#40599;, &#26031;&#33945;, &#40613;&#22823;&#33778;, &#40654;&#28023;&#29983;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;gant GAO Zhijian, &#233;coutant sur la baie de Hong Kong les disques de l'artiste qu'il ch&#233;rissait, LI Xiangmei, se souvient nostalgiquement&#8230; Suite &#224; l'agression japonaise, HOU Xinming quitta Shanghai, son &#233;pouse Xiangmei et sa propre m&#232;re pour le front d&#233;fendu par le Guo Min Dang, les confiant &#224; un ami, GAO Zhijian, enseignant patriote. Au demeurant, la belle-m&#232;re, aveugle et bless&#233;e par de l'eau bouillante, et sa bru, d&#233;sargent&#233;es, (sur)vivent gr&#226;ce &#224; l'aide de Zhijian. Par l'entregent de son amie la mondaine LIU Qing, Xiangmei travaille comme chanteuse de cabaret, ce qui m&#233;contente fortement Zhijian. Apr&#232;s l'une des nombreuses disputes entre celui-ci et Xiangmei, l'occupant nippon arr&#234;te Zhijian au motif de propagande antijaponaise. Xiangmei, soutenue par LIU Qing, sauve Zhijian, qui s'&#233;prennent toujours davantage l'un de l'autre malgr&#233; leurs multiples querelles, reprenant d&#232;s l'&#233;largissement du bien-aim&#233;. Cependant, ceux-ci s'interdisent de s'aimer autrement que platoniquement. A la lib&#233;ration, en 1945, Xinming, estropi&#233;, manchot, revient chez lui. Lors de retrouvailles proprement poignantes la maman aveugle empoignera la manche vide du mutil&#233; de guerre. Afflig&#233; nonobstant l'atmosph&#232;re de liesse populaire caus&#233;e par la victoire sur l'Empire du Japon, Zhijian laisse Xiangmei, tous deux profond&#233;ment nostalgiques. L'amour non consomm&#233; consume les c&#339;urs. Finalement, Zhijian jette les uns apr&#232;s les autres les enregistrements ch&#233;ris &#224; la mer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une admirable sc&#232;ne, climax, embl&#233;matise la passion non aboutie : elle d&#233;bute, de fa&#231;on assez os&#233;e, nuitamment sur les jambes en gros plan de ZHOU Xuan, qui descend l'escalier jusqu'&#224; la chambre de son soupirant. Toutefois, la femme n'osera franchir le seuil et terminera sa d&#233;ambulation nocturne sur la terrasse, d&#233;sormais sous un croissant de Lune et les &#233;toiles, associ&#233;s aux fen&#234;tres illumin&#233;es des tours pr&#233;sum&#233;es shanghaiennes. L'h&#233;ro&#239;ne chantera de toute la tristesse de son c&#339;ur. GAO Zhijian l'attendait derri&#232;re la porte&#8230; Celui-ci abandonne la maison, emportant ses bagages, dont le phonographe. Exploitant les ressources du montage, un fondu encha&#238;n&#233; du visage de Xiangmei jusqu'au disque tournant sur le gramophone ach&#232;vera le long flash-back, illustrant parfaitement le souvenir auditif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef-d'&#339;uvre s'av&#232;re justiciable d'une analyse originale en termes de sciences politiques, voire g&#233;opolitiques. Epoque cruciale, peu apr&#232;s la capitulation japonaise et pendant la poursuite de la guerre civile : les liens entre Shanghai et Hong Kong s'intensifient paradoxalement, de nombreux Chinois du continent se r&#233;fugiant dans la colonie britannique. Ce &#171; complexe Shanghai &#8211; Hong Kong &#187; influen&#231;a profond&#233;ment l'industrie cin&#233;matographique, pr&#233;parant le caract&#232;re &#171; translocal &#187;, voire transnational du cin&#233;ma hongkongais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre chef-d'&#339;uvre, &#224; la trame riche et complexe, marie le th&#232;me de la s&#233;paration due aux conflits, celui des amours, de la patrie perdu(e)s, conjuguant niveaux &#171; macro &#187; et &#171; micro &#187;. Le film, tout en restant un &#171; film d'amour &#187;, bl&#226;me les exactions japonaises. Celles-ci se d&#233;clenchent &#224; l'&#233;cran, d'abord de mani&#232;re presque b&#233;nigne, lors de la perquisition &#224; la chambre du protagoniste, en compagnie de r&#233;sistants, par des militaires nippons, ridiculis&#233;s, incomp&#233;tents et voleurs, en particulier le maigre d&#233;couvrant une bo&#238;te &#224; musique qui pla&#238;t heureusement au gros chef : celui-ci confisque l'objet, plut&#244;t que de continuer &#224; observer le tableau de travers cachant la radio interdite&#8230; Le &#171; film musical &#187; sait m&#233;nager le crescendo : l'occupation devient tragique. L'interrogatoire que subit ensuite GAO Zhijian s'analyse en tortures. La soldatesque commence par effrayer le h&#233;ros en exhibant un prisonnier pendu par les bras, puis un soldat plante sa cigarette sur la main du d&#233;tenu, avant qu'un deuxi&#232;me ne l'assomme d'un retentissant coup de matraque sur la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#226;ge de la fleur, rebaptis&#233; In The Mood for Love chez WONG Kar Wai, s'entend la premi&#232;re fois au film de 1947 r&#233;alis&#233; par HE Zhaozhang. Cette superbe chanson, premi&#232;re Dans l'attente de son amour, &#233;voque l'&#233;tat d'&#226;me des amoureux s&#233;par&#233;s. Au-del&#224;, le chant contribue &#224; la nostalgie de Shanghai, &#233;tablissant un pont sonore sinon g&#233;opolitique reliant celle-ci et les r&#233;fugi&#233;s shanghaiens de Hong Kong. Effectivement, L'&#226;ge de la fleur sugg&#232;re magistralement le malheur du peuple emp&#234;ch&#233; de retourner au pays en guerre. La chanson s'&#233;rige en v&#233;ritable po&#232;me, volontiers lunaire, intriquant &#171; chanson d'amour &#187; et calamit&#233;s politiques, malheurs des conflits&#8230; Les th&#232;mes de la s&#233;paration et le d&#233;sir de paix, d'harmonie &#8211; si chinoise &#8211; s'av&#232;rent pr&#233;gnants. &lt;br class='autobr' /&gt;
A la faveur de plusieurs chansons de ZHOU Xuan, celui que nous baptisons le &#171; spectateur-auditeur &#187; doit appr&#233;cier la d&#233;licatesse de sa voix. Celles-ci s'affirment di&#233;g&#233;tiques. L'entra&#238;nante Ye Shanghai, Shanghai la nuit, avive le sentiment nostalgique des nouveaux Hongkongais &#224; l'&#233;gard de Shanghai. Ye Shanghai, compos&#233;e par CHEN Gexin et dont FAN Yanqiao &#233;crivit les &#171; vers &#187;, convoque &#171; la cit&#233; qui ne dort jamais &#187;, les lumi&#232;res de la ville, le vrombissement des automobiles, d&#233;j&#224;&#8230; Les paroles elles-m&#234;mes des chansons s'accordent &#224; l'intrigue, tandis que le rythme de jazz symbolise la m&#233;tropole moderne. Au demeurant, celles-ci s'int&#232;grent d'autant mieux au sc&#233;nario que le sc&#233;nariste travailla aussi en tant que parolier. Shanghai la nuit comporte une ambivalence : on peut certes percevoir une d&#233;nonciation des tentations et illusions des nuits shanghaiennes, n&#233;anmoins s&#233;duisantes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'accoutum&#233;e, le film d&#233;voile les r&#233;actions divergentes des spectateurs : &#224; l'&#233;coute de L'&#226;ge de la fleur, la vieille m&#232;re aveugle s'&#233;meut, alors qu'un amuseur plaisante et qu'un autre bat la mesure de ses mains. Pendant la deuxi&#232;me chanson, &#224; l'atmosph&#232;re &#171; jazzy &#187;, au night-club, des danseurs dansent sur Ye Shanghai, avec un cadrage sur un couple dont l'homme s'enivre. On remarquera que la cam&#233;ra montre ostensiblement les microphones, pro&#233;minents : en rapport &#224; la carri&#232;re de ZHOU Xuan, qui savait se servir du micro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement &#224; l'utilit&#233; du proc&#233;d&#233; photographiant les auditeurs afin de d&#233;noter la psychologie des personnages, celui-ci favorise le dynamisme des sc&#232;nes chant&#233;es, l'int&#233;gration de celles-ci au d&#233;roulement filmique. Forgeons le principe : &#171; le film filme le chant &#187;&#8230; Afin d'&#233;viter la &#171; chanson film&#233;e &#187;, &#224; l'instar du th&#233;&#226;tre film&#233; habituellement critiqu&#233;, Dans l'attente de son amour varie les mises en situation de la chanteuse, qui ne se produit pas exclusivement au cabaret : ses performances se filment pareillement au piano droit dans sa classe musicale destin&#233;e &#224; des petites filles ou sur la terrasse sous le ciel &#233;toil&#233; pour le bien-aim&#233;. ZHOU xuan entonnera l'hymne patriotique de la lib&#233;ration en 1945 sous un immense portrait de JIANG Jieshi. Au total, l'&#339;uvre poss&#232;de une fa&#231;on dynamique de tourner les chansons, voire en gros plan, sans recourir aux artifices actuels du clip. Le pr&#233;cepte &#224; appliquer cin&#233;matographiquement : il faut que la chanson appartienne &#224; la di&#233;g&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef-d'&#339;uvre offre assur&#233;ment certaines des plus belles chansons de ZHOU Xuan, qui y d&#233;montre cependant ses talents d'actrice. Ainsi que sa si d&#233;licate mani&#232;re de s'essuyer sous les yeux les larmes, digne des dames d'antan. Relevons &#233;galement le jeu amusant de HUANG Wansu, qui joue la pr&#233;cieuse amie LIU Qing : celle-ci ne marche pas seulement, elle se dandine, encore lorsqu'elle rev&#234;tira l'uniforme &#224; la victoire. Ses &#339;illades procurent une l&#233;g&#232;ret&#233; &#224; un film au ton g&#233;n&#233;ralement dramatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologiquement, la premi&#232;re sc&#232;ne offre un aper&#231;u de la &#171; moderniste &#187; Hong Kong. La fabuleuse vue avec phonographe au premier plan et traditionnelle jonque naviguant &#224; l'arri&#232;re-plan permet d'&#233;voquer le cumul de temporalit&#233;s distinctes en Chine. A la fin du flash-back, de nouveaux navires remplacent la jonque en arri&#232;re-plan, puis un cadrage panoramique pr&#233;sentera une jonque &#224; l'arr&#234;t, voile(s) baiss&#233;e(s), et un bateau &#224; moteur. Comment mieux exposer la nostalgie des exil&#233;s vis-&#224;-vis de Shanghai que par ces magnifiques plans sur la baie de Hong Kong ? Assur&#233;ment, notre septi&#232;me art illustre de nouveaux modes de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; urbaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egalement, les v&#234;tements r&#233;v&#232;lent toujours les &#233;poques, en l'esp&#232;ce se cumulant : le h&#233;ros en tenue blanche d&#233;contract&#233;e et chic, pantalon et chemise &#224; manches courtes, t&#233;l&#233;phone, &#224; l'arri&#232;re-plan un serviteur en robe traditionnelle&#8230; Xiangmei rejoint en pousse-pousse l'habitation de Zhijian, mais elle le voit enlever en voiture par l'arm&#233;e japonaise. Soulignons la synchronie d'espaces contradictoires au sein de la ville unique de Shanghai : l'appartement moderniste et merveilleusement &#233;clair&#233; de LIU Qing, l'amie riche de Xiangmei, le modernisme du design, en particulier les &#233;tag&#232;res modernistes des int&#233;rieurs luxueux, versus le sinistre endroit de tortures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Modernit&#233; et tradition coexistent. On constate l'un des fondamentaux de la famille chinoise : l'&#233;pouse prend soin de sa belle-m&#232;re, en l'absence du mari, les deux femmes partageant la m&#234;me chambre. Th&#232;me de l'amour filial pr&#233;gnant au cin&#233;ma chinois : Cuifen, i.e. HU Die, dans Zhifen Schichang, Le March&#233; de la tendresse de 1933, d&#233;laisse ses &#233;tudes afin de secourir sa maman malade et accepte un emploi de manutentionnaire dans un &#171; grand magasin &#187;, sur les conseils d'une voisine aux id&#233;es &#171; modernes &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un symbole de la modernit&#233;, le tourne-disque, &#171; tourne &#187; un &#171; personnage &#187; significatif : &#171; r&#244;le &#187; de transmetteur, du son certes, mais aussi des sentiments entre les protagonistes. Dans la sc&#232;ne introduisant tout le film, le nostalgique GAO Zhijian, de blanc v&#234;tu, sort une mallette noire &#224; la main, dont le spectateur s'apercevra qu'il s'agit du pick-up portatif nagu&#232;re utilis&#233; par la bien-aim&#233;e&#8230; N'ignorons pas que la blancheur vaut couleur de deuil en Extr&#234;me-Orient. La mise en exergue, &#224; l'&#233;cran, de l'objet &#171; gramophone &#187; d&#233;note un contenu sociologique : ZHOU Xuan r&#233;gna sur &#171; l'&#232;re du gramophone &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au titre de l'intertextualit&#233;, d'ob&#233;dience litt&#233;raire, unissant diff&#233;rents films, on note que L'Histoire secr&#232;te de la Cour des Qing instaurera une autre &#171; histoire d'amour &#187;, unissant ZHOU Xuan et SHU Shi, n&#233; en 1916. Surtout, nous observons que YAN Bijun incarne &#224; La Nuit profonde sensiblement un r&#244;le identique de m&#232;re aveugle de celui qui aime ZHOU Xuan d'un &#171; amour platonique &#187;. Les relations des litt&#233;rature et septi&#232;me art s'expriment encore lors de la derni&#232;re chanson fort triste : l'amoureux partant, cette belle sc&#232;ne confirme qu'on peut &#233;prouver du chagrin dans une cit&#233; en liesse. L'&#233;crivain renomm&#233; BA Jin, auteur de Lihun, Le divorce, illustra pr&#233;cis&#233;ment le hiatus opposant festivit&#233;s de la lib&#233;ration et mis&#232;re d'un homme abandonn&#233; par sa compagne. Enfin, observons que Sous les toits de Shanghai ou Les retrouvailles de 1937 pr&#233;sent&#232;rent d&#233;j&#224; le retour d'un mari qu'on croyait d&#233;c&#233;d&#233; et dont la femme se remaria&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode du flash-back s'av&#232;re typiquement chinoise : au demeurant, l'essentiel du film &#233;quivaut &#224; un long retour en arri&#232;re. Cr&#233;ons la formule du &#171; slow-back &#187;, parfaitement pertinente. Conjointement, souvenons-nous du montage soign&#233; : du plan sur le phonographe, ouvert et fonctionnant, avivant la nostalgie, &#224; celui sur le pick-up empaquet&#233; destin&#233; en cadeau &#224; la gracieuse chanteuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Techniquement, voire psychologiquement, rappelons qu'on n'abusait pas alors de la succession des champs et contrechamps : malgr&#233; le nombre important des dialogues, Dans l'attente de son amour photographie souvent les personnages ensemble, lat&#233;ralement. Arri&#232;re-plans admirablement trait&#233;s&#8230; Le d&#233;cor b&#233;n&#233;ficie d'une profondeur et de nombreux figurants. Les d&#233;cors se r&#233;v&#232;lent signifiants : un mur de briques dont le cr&#233;pit manque&#8230; La coh&#233;rence caract&#233;rise le travail sur la lumi&#232;re, qu'on doit sans doute &#224; LUO Congzhou, n&#233; en 1916 : par exemple, le &#171; second jour &#187; vient bien de la fen&#234;tre de studio dans l'appartement de la (demi-)mondaine amie de Xiangmei. Les &#171; d&#233;cors architectur&#233;s &#187; profitent d'une v&#233;ritable architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHANG Shichuan, qui travailla volontiers en compagnie de vedettes comme HU Die, commen&#231;a le film &#224; l'automne 1946 suite &#224; l'offre de ZHOU Jianyun, producteur &#224; la Da Zhong Hua, de diriger &#224; Hong Kong. Pendant le tournage, ZHANG Shichuan dut retourner &#224; Shanghai en vue de r&#233;pondre aux accusations de trahison. Nonobstant son acquittement, celui-ci souffrit d'une crise cardiaque, laissant HE zhaozhang, n&#233; en 1915, terminer Dans l'attente de son amour. Ces vicissitudes expliqueraient certains &#224;-coups du filmage. Celles-ci se traduiraient m&#234;me au sc&#233;nario, GAO Zhijian fulminant sa col&#232;re parce qu'il croit, &#224; tort, que l'artiste Xiangmei (ou ZHANG Shichuan&#8230;) collabore avec les occupants par ses chansons. La Da Zhong Hua de 1946 &#224; 1949 produisit 44 films en mandarin et 9 en cantonais, chiffres montrant l'importance du cin&#233;ma shanghaien r&#233;fugi&#233; &#224; Hong Kong.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Nuit profonde</title>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#22812;&#28145;&#27785; La Nuit profonde Ye Shen Chen R&#233;alisation : ZHANG Shichuan. Avec : ZHOU Xuan, HAN Fei, YUAN Shaomei. Shanghai, 1941 ; 106 min Genre : trag&#233;die. &#23548;&#28436; &#65306; &#24352;&#30707;&#24029; &#32534;&#21095; &#65306; &#31243;&#23567;&#38738; &#20027;&#28436; &#65306; &#21608;&#29831;, &#38889;&#38750;, &#34945;&#32461;&#26757; &lt;br class='autobr' /&gt;
ZHOU Xuan incarne une chanteuse des rues, exploit&#233;e par un couple querelleur et cupide de musiciens : le &#171; p&#232;re &#187;, portant robe chinoise et chapeau &#224; l'occidentale, l'accompagne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#22812;&#28145;&#27785;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Nuit profonde&lt;br class='autobr' /&gt;
Ye Shen Chen&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;alisation : ZHANG Shichuan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : ZHOU Xuan, HAN Fei, YUAN Shaomei.&lt;br class='autobr' /&gt;
Shanghai, 1941 ; 106 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : trag&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;ZHOU Xuan incarne une chanteuse des rues, exploit&#233;e par un couple querelleur et cupide de musiciens : le &#171; p&#232;re &#187;, portant robe chinoise et chapeau &#224; l'occidentale, l'accompagne au Er Hu tandis que son &#233;pouse jouant l'aveugle avec gros plan sur ses yeux d&#233;biles &#171; bat la mesure &#187; avec des percussions. Cette femme s'av&#233;rera la mar&#226;tre qui bat aussi la jeune chanteuse. D&#232;s la premi&#232;re chanson qu'il entend, mieux, &#233;coute, nuitamment, un cocher s'&#233;meut et faillit tomber sur sa chaise en se levant&#8230; Fuyant les coups de ses &#171; parents &#187; musiciens exploiteurs qui la poursuivent dans la rue, la mar&#226;tre agitant m&#234;me sa badine, la chanteuse monte pr&#233;cipitamment dans la voiture hippomobile du cocher : celui-ci l'accueille dans sa maison, o&#249; il vit avec sa m&#232;re aveugle. Mais, d&#232;s l'arriv&#233;e de ZHOU Xuan dans la cour commune utilis&#233;e par le voisinage, une voisine s'avance, soup&#231;onneuse, parce qu'elle aime le jeune homme et devient rapidement jalouse de &#171; l'intruse &#187;. Celle-ci attendrira la m&#232;re de son sauveur avec ses pleurs de reconnaissance. La gr&#226;ce de la nouvelle venue, avec sa si d&#233;licate fa&#231;on d'essuyer ses pleurs, en passant son mouchoir sous les yeux, enflamme la jalousie de la voisine, qui d&#233;coche en cachette une fabuleuse moue &#224; l'encontre de ZHOU Xuan en train de balayer la cour de la famille la recueillant. Au demeurant, le cocher et la chanteuse s'&#233;prennent promptement l'un de l'autre : une sc&#232;ne d'un &#233;rotisme subtil pr&#233;sentera les deux amoureux ne trouvant pas le sommeil sur leurs lits de fortune respectifs, simplement s&#233;par&#233;s par un rideau noir. Insomniaque, l'amoureux se (re)tournant sans cesse tombera m&#234;me de son lit, provoquant imm&#233;diatement la venue de celle qu'il h&#233;berge&#8230; Cependant, le talent de chanteuse conduit celle-ci &#224; c&#244;toyer un autre milieu, o&#249; rodent de riches et &#233;l&#233;gants messieurs. La premi&#232;re repr&#233;sentation op&#233;ratique de ZHOU Xuan, permettant une &#171; sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre dans le th&#233;&#226;tre &#187; ou d'&#171; op&#233;ra dans le film &#187;, lancera sa carri&#232;re. Au demeurant, la chanteuse, m&#234;me apr&#232;s son succ&#232;s sur les planches, sait t&#233;moigner de sa gratitude et n'h&#233;site pas &#224; laver soigneusement la vaisselle de la m&#232;re aveugle. Celle-ci s'av&#232;re optimiste malgr&#233; sa sant&#233; fragile et sa mis&#232;re : elle d&#233;corera de fa&#231;on charmante son long balai avec des fleurs blanches pour les vendre&#8230; Lors de la derni&#232;re prestation d'ob&#233;dience op&#233;ratique, la r&#233;ussite s'av&#232;re importante, avec certes des r&#233;actions diff&#233;renci&#233;es du public : le &#171; p&#232;re &#187;, l&#226;che exploiteur, jovial bat la mesure, la mar&#226;tre arbore un sourire malsain en regardant le succ&#232;s public. La chanteuse, prise au pi&#232;ge des amours v&#233;nales, ne conna&#238;tra pas le bonheur&#8230; La jalousie tuera. La noirceur qui baigne tout le film se terminera en trag&#233;die(s). &#171; Nuit profonde &#187;, effectivement : &#224; la fin, en moins de sept minutes, les morts se pr&#233;cipiteront, dans le cadre d'un d&#233;nouement acc&#233;l&#233;r&#233;, au demeurant typique de l'&#233;poque. La femme jalouse et la m&#232;re du cocher succomberont sous le coup de chocs &#233;motionnels, alors que la chanteuse devra commettre un meurtre au pistolet sur celui qui veut profiter d'elle et qui tentait de tuer son cocher amoureux. ZHOU Xuan se suicide une nouvelle fois au cin&#233;ma, au couteau, alors que son soupirant s'enfuira&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ye Shen Chen, La Nuit profonde constitue &#224; l'origine un air de l'Op&#233;ra de Beijing, titre devenant polys&#233;mique dans le contexte du film. ZHOU Xuan y d&#233;montre certes son talent de chanteuse : d&#232;s sa toute premi&#232;re sc&#232;ne, la &#171; Voix d'or &#187; se met &#224; chanter. Cependant, l'actrice manifeste aussi ses qualit&#233;s, en particulier gr&#226;ce au jeu de ses immenses yeux au cours de ses chants. La &#171; chanteuse-com&#233;dienne &#187; sait &#233;galement utiliser ses moues. La vedette dodeline de la t&#234;te avec charme, sans oublier la finesse de ses bras, que les belles robes d&#233;couvrent de fa&#231;on seyante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au demeurant, lors de sc&#232;nes chant&#233;es, la cam&#233;ra scrute les r&#233;actions, diff&#233;renci&#233;es, des spectateurs, permettant d'&#233;viter que les chansons apparaissent seulement comme des interm&#232;des, voire des pauses. Au total, la musique, si elle remplit un r&#244;le di&#233;g&#233;tique, s'entend assez peu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le contexte du film : celui de &#171; l'&#238;le solitaire &#187;, les concessions &#233;trang&#232;res cern&#233;es par l'envahisseur japonais. Notons cependant que l'&#339;uvre b&#233;n&#233;ficie d'une longue distribution. Conjointement, changements de d&#233;cor, cheval, automobile favorisent la &#171; respiration filmique &#187;. Il convient assur&#233;ment de d&#233;mentir la th&#232;se banale selon laquelle la &#171; guerre contre les Japonais &#187; &#8211; plut&#244;t l'agression japonaise &#8211; changerait radicalement le type de r&#244;les propos&#233;s aux actrices et provoque une rupture dans le cin&#233;ma chinois. Le cin&#233;ma chinois, m&#234;me encercl&#233;, ne produit pas exclusivement des &#171; personnages f&#233;minins historiques ou l&#233;gendaires &#187;&#8230; Une th&#232;se diam&#233;tralement oppos&#233;e pourrait se soutenir : les forces patriotiques de &#171; l'&#238;le isol&#233;e &#187; shanghaienne s'essouffleraient et la &#171; d&#233;pression id&#233;ologique &#187; se traduirait dans la psychologie sombre du film, d&#233;non&#231;ant la froide &#171; r&#233;alit&#233; &#187; de la soci&#233;t&#233;, sinon son authenticit&#233;. ZHOU Xuan incarne un beau personnage de femme, dont la carri&#232;re r&#233;ussie ne lui apporte qu'une trag&#233;die sentimentale, &#233;cho sans doute, voire anticipation par rapport &#224; sa propre biographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons dans cette Nuit profonde la sensibilit&#233; chinoise volontiers nocturne et lunaire : d&#232;s le d&#233;but du film, superbe contre-plong&#233;e vers les cieux nocturnes, la Lune jouant avec les nuages. Conjointement au symbolisme typique de la Chine et de son cin&#233;ma, les caract&#232;res chinois d&#233;corent volontiers l'&#233;cran. Techniquement, le film pratique m&#234;me la surexposition de la clart&#233; s&#233;l&#233;nite. Ce plan entrecoupe les plans sur la premi&#232;re chanson. Un tel plan, plus court, toujours po&#233;tique, reviendra vers la fin : &#171; nuit profonde &#187;, effectivement&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;celons ce que nous baptisons &#171; l'intertextualit&#233; cin&#233;matographique &#187; : nous retrouvons la m&#234;me mar&#226;tre, sinon la m&#234;me baguette qu'aux Anges du boulevard. Intertextualit&#233; favoris&#233;e par le r&#233;gime des studios, d'ob&#233;dience litt&#233;raire et confirmant le mariage entre litt&#233;rature et Empire du Milieu cin&#233;matographique. Au demeurant, La Nuit profonde vaut suite des Anges&#8230;, l'adolescente devenant femme chanteuse acclam&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Remarquons le cumul de temporalit&#233;s diverses, symbolis&#233;es par des lieux typ&#233;s : cour assez rurale occup&#233;e par le cocher amoureux versus int&#233;rieur moderne &#171; occidental &#187; de l'un des riches amants de la chanteuse sans oublier la lampe de table au design moderniste &#224; l'arri&#232;re-plan&#8230; Ou encore deux Chinois en robe noire s'asseyant avec des meubles &#224; l'occidentale. Robe pour homme et cravate : on ne doit pas forc&#233;ment voir une opposition. Effectivement, le m&#234;me dandy passe du costume &#224; la robe chinoise de luxe pour inviter chez lui la &#171; diva &#187; qu'il d&#233;sire conqu&#233;rir&#8230; Les costumes, m&#234;me contemporains, importent au cin&#233;ma : l'usage et la monstration des robes chinoises et v&#234;tements occidentaux, dont l'&#233;l&#233;gance des employ&#233;s de bureau avec cravates et chemises blanches, ne sauraient s'av&#233;rer gratuits. R&#233;v&#233;lateur : l'homme &#224; la palanche, r&#233;current, vaut motif, en particulier symbole de constance et de fid&#233;lit&#233;, jusqu'&#224; l'extr&#234;me fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sp&#233;cifiques &#224; la tradition chinoise, les t&#233;moignages d'amour filial abondent, m&#234;me de la part de celle, ZHOU Xuan, qui, h&#233;las, ne deviendra jamais l'&#233;pouse du cocher : ainsi, de retour avec ses nouveaux et splendides v&#234;tements chez sa famille d'adoption, ZHOU Xuan range la vaisselle avec des gestes dont le &#171; naturel &#187; se souligne et jette ostensiblement et n&#233;gligemment sa nouvelle veste pour reprendre le balai, chauss&#233;e de souliers blancs&#8230; Ensuite, la chanteuse devenue ais&#233;e pr&#233;pare le th&#233; et le sert &#224; la vieille dame aveugle. Au demeurant, la col&#232;re finale du cocher peut se comprendre comme son remords de provoquer, indirectement, le d&#233;c&#232;s de sa maman&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement &#224; ce t&#233;lescopage d'&#233;poques qui semblent diff&#233;rentes aux yeux d'un Occidental, relevons l'opposition symbolique des v&#233;hicules, voire des statuts sociaux, sinon des morales : voiture hippomobile vs chevaux-vapeur. Concr&#232;tement, chromatisme utilis&#233; &#171; malgr&#233; ou gr&#226;ce aux noir et blanc &#187; : cheval blanc du pauvre cocher sauveur et respectueux de la belle vs automobile noire de son riche ami, qu'un simple rideau entre deux lits n'arr&#234;terait pas&#8230; Le film accentue cette dialectique lorsque le soupirant pauvre pr&#233;pare son cheval, voire le caresse, dans la premi&#232;re sc&#232;ne o&#249; il montera l'&#233;quid&#233;, alors qu'ant&#233;rieurement l'animal tirait son v&#233;hicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#232;ne embl&#233;matique : un chauffeur ram&#232;ne ou emporte ZHOU Xuan dans une grosse automobile &#171; t&#233;n&#233;breuse &#187;, son soupirant pauvre courant vainement derri&#232;re le v&#233;hicule avec un bouquet de fortune compos&#233; de nombreuses et hautes simples fleurs des champs&#8230; Qu'il finira par jeter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment, le motif de l'argent appara&#238;t &#224; plusieurs reprises. Cas extr&#234;me : un futur amant de la chanteuse exhiba m&#234;me le tiroir dans sa gar&#231;onni&#232;re rempli de liasses de billets. Non sans rapport avec l'id&#233;e selon laquelle on consid&#233;rait les actrices comme des &#171; prostitu&#233;es &#187; : m&#233;tatextualit&#233; filmique&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au demeurant, la conjonction des temporalit&#233;s, de l'Orient et de l'Occident peut se trouver partie li&#233;e avec le caract&#232;re qu'on baptiserait &#171; transnational &#187;. En tout cas, un financement am&#233;ricain contribua aux d&#233;buts du cin&#233;ma. &lt;br class='autobr' /&gt;
Savourons, malgr&#233; la tonalit&#233; syst&#233;matiquement sombre de ce film, sinon quelque l&#233;g&#232;ret&#233;, en tout cas l'audace : malgr&#233; ses moues, ZHOU Xuan, dans la chambre de l'un de ceux qui la poursuit de ses assiduit&#233;s, tire elle-m&#234;me le cordon de la lampe pour l'&#233;teindre, son soupirant riche la pressant &#224; genoux&#8230; Un noir complet di&#233;g&#233;tique survient. On entend le rire &#233;clatant de satisfaction de l'homme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Typique de la cin&#233;matographie chinoise, le film cultive la sym&#233;trie des situations. Par exemple, apr&#232;s que l'amoureux pauvre offrit &#224; ZHOU Xuan du tissu, celle-ci, devenue assez riche, revient dans sa famille d'adoption en offrant des cadeaux. Les situations sym&#233;triques se conjuguent avec la coh&#233;rence du montage. Le parall&#233;lisme s'av&#232;re entretenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'&#233;criture cin&#233;matographique, appr&#233;cions les transitions entre sc&#232;nes bien m&#233;nag&#233;es, sans n&#233;cessit&#233; de recourir au fondu au noir&#8230; Comme dans Mei Fei, le cin&#233;aste utilise le proc&#233;d&#233; du &#171; th&#233;&#226;tre dans le th&#233;&#226;tre &#187;, m&#233;tacin&#233;matographique pour montrer que la r&#233;ception des chansons de ZHOU Xuan s'av&#232;re diverse en fonction des auditeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de ZHANG Shichuan et plus g&#233;n&#233;ralement du cin&#233;ma chinois pour l'op&#233;ra se manifesta d&#233;j&#224; en particulier par &#27468;&#63873;&#32418;&#29281;&#63838;, o&#249; HU Die interpr&#232;te une chanteuse dans le premier film chinois parlant, en 1931, d'ob&#233;dience op&#233;ratique. L'intuition de ZHANG Shichuan pour exploiter des filons semble p&#233;renne&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La Nuit profonde s'origine dans un livre de l'auteur &#224; succ&#232;s ZHANG Henshui, n&#233; en 1895 au Jiangxi et disparu en 1967. De son vrai nom ZHANG Xinyuan, il commen&#231;a &#224; travailler en 1917 comme reporter. Influenc&#233; par le courant romantique des &#171; Canards mandarins et papillons &#187;, il renfor&#231;a sa popularit&#233; avec Tixiao Yinyuan. En 1949, il publia ses m&#233;moires : Xiezuo Shengya Huiyi. En anglais, on trouve son Shanghai Express. Il convient de souligner que ZHANG Henshui incarna le romancier chinois le plus populaire dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHANG Shichuan r&#233;alisa avec le dramaturge ZHENG Zhengqiu le premier court-m&#233;trage de fiction Un couple difficile en compagnie de l'entrepreneur am&#233;ricain Benjamin Brodsky en 1913 avec la Yaxiya Yingxi Gongsi. En 1922, ZHANG Shichuan, ZHOU Jianyun, ZHENG Zhengqiu fond&#232;rent la Mingxing : L'Orphelin sauve son grand-p&#232;re en 1923, premier &#171; v&#233;ritable &#187; long-m&#233;trage fictionnel, mais aussi &#28779;&#28903;&#32418;&#33714;&#23546; en 1928, dont l'avis&#233; ZHANG Shichuan exploita les nombreuses suites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>MEI FEI</title>
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		<dc:date>2010-08-08T14:46:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#26757;&#22915; Mei Fei Sc&#233;nario : CHEN Xiao Qing ; r&#233;alisation : ZHANG Shichuan Acteurs : ZHOU Xuan (Mei Fei : Fleur de prunus), Feng Huang (Chun Xiang, soubrette fid&#232;le de Mei Fei), YUAN Shao Mei (YANG Gui Fei) Film en noir et blanc de 1941 ; 93 min Genre : &#171; fiction historique &#187; Sc&#233;nario : &#31243;&#23567;&#38738; ; r&#233;alisation : &#24352;&#30707;&#24029; Acteurs : &#21608;&#29831; (&#26757;&#22915;), &#20964;&#20976;, &#34945;&#32461;&#26757; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre met en sc&#232;ne la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#26757;&#22915; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mei Fei&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario : CHEN Xiao Qing ; r&#233;alisation : ZHANG Shichuan&lt;br class='autobr' /&gt;
Acteurs : ZHOU Xuan (Mei Fei : Fleur de prunus), Feng Huang (Chun Xiang, soubrette fid&#232;le de Mei Fei), YUAN Shao Mei (YANG Gui Fei)&lt;br class='autobr' /&gt;
Film en noir et blanc de 1941 ; 93 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : &#171; fiction historique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario : &#31243;&#23567;&#38738; ; r&#233;alisation : &#24352;&#30707;&#24029;&lt;br class='autobr' /&gt;
Acteurs : &#21608;&#29831; (&#26757;&#22915;), &#20964;&#20976;, &#34945;&#32461;&#26757;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre met en sc&#232;ne la splendeur et la destin&#233;e fatale de Mei Fei, la concubine imp&#233;riale Fleur de prunus. L'action se passe &#224; la cour imp&#233;riale des Tang, situ&#233;e &#224; Chang'an, &#171; Paix &#233;ternelle &#187;, l'actuelle Xi'an, au VIIIe si&#232;cle. L'ambitieux GAO Li Shi pr&#233;sente Mlle Jiang, jalous&#233;e d&#232;s son arriv&#233;e au palais, &#224; l'empereur Xuan Zong, qui la rebaptise Fleur de prunus, parce que celle-ci lui donne un po&#232;me sur les Mei Hua, les fleurs de prunus. Xuan Zong, surnomm&#233; Tang Minghuang, s'&#233;prend rapidement de la belle, qui d&#233;montre ses talents pour la po&#233;sie, le chant, la danse&#8230; Le contexte politique subit des bouleversements et finira par d&#233;ranger les amours imp&#233;riales. La fin du r&#232;gne de Xuan Zong se caract&#233;rise par son retrait des affaires publiques, les officiels et en particulier les g&#233;n&#233;raux des marches disposant de plus en plus de pouvoir. Des arm&#233;es autonomes tendent m&#234;me &#224; se constituer aux fronti&#232;res, ce qui fragilise l'empire de la dynastie Tang. Les courtisans isolent l'empereur&#8230; Malgr&#233; l'amour r&#233;ciproque qui animent Fleur de prunus et l'empereur, les m&#233;disances ne tarderont pas &#224; provoquer la disgr&#226;ce de la favorite. Effectivement, Mei Fei se refusant &#224; manipuler l'empereur au profit de GAO Li Shi, celui-ci vouera une haine tenace &#224; son ancienne prot&#233;g&#233;e et introduira &#224; la cour une autre concubine, YANG Gui Fei, qui supplantera Fleur de prunus aupr&#232;s de l'empereur. &#171; Gui Fei &#187; signifie pr&#233;cis&#233;ment &#171; concubine principale &#187;. Au demeurant, la cour s'av&#232;re un lieu dangereux, o&#249; on trouve de nombreux yeux et oreilles, prompts &#224; espionner, sans doute pour mieux m&#233;dire&#8230; Xuan Zong oscille entre son penchant pour Mei Fei et sa cr&#233;dulit&#233; par rapport aux rumeurs. Ainsi, lors de l'anniversaire de YANG Gui Fei, qui introduit sa famille au palais, l'empereur se montre pensif, songeant sans doute &#224; Fleur de prunus qu'il rel&#233;gua dans un pavillon recul&#233;. Ceux qui intriguent contre Mei Fei oseront d&#233;tourner son courrier&#8230; Le fr&#232;re incestueux de YANG Gui Fei deviendra m&#234;me premier ministre. En d&#233;finitive, lorsque la princesse, fille de l'empereur, se plaint aupr&#232;s de son p&#232;re que YANG Gui Fei l'insulta, les yeux de Xuan Zong se dessillent enfin quelque peu sur les man&#339;uvres qui tueront son amour. Un somptueux cadeau constitu&#233; de nombreuses et grosses perles que re&#231;oit de l'empereur Fleur de prunus permet de juger de la puret&#233; de son &#226;me : ce tr&#233;sor ne l'int&#233;resse gu&#232;re, parce que Xuan Zong n'y ins&#233;ra pas de lettre d'amour. Mei Fei d&#233;clare : &#171; ces perles ne servent &#224; rien, ce qui compte, c'est l'&#226;me &#187;&#8230; La r&#233;bellion d'un commandant de l'arm&#233;e imp&#233;riale, An Lu Shan, survient en 755. Celui-ci finit par prendre la capitale et capture Fleur de prunus, d&#233;sesp&#233;r&#233;e par son amour d&#233;&#231;u. Celle-ci refuse de devenir la femme de l'usurpateur et se jette dans la rivi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre cin&#233;matographique confirme le retentissement de la litt&#233;rature sur le cin&#233;ma. Effectivement, le po&#232;te Bai Juyi &#8211; 772-846 &#8211; immortalisa YANG Gui Fei.&lt;br class='autobr' /&gt;
Techniquement et artistiquement, le film constitue une &#339;uvre aboutie. Nous contemplons de beaux d&#233;cors peints &#224; l'arri&#232;re plan et revendiqu&#233;s comme tels, procurant une ambiance de Chine classique. Lors des sc&#232;nes de nuit, de fabuleux cieux peints s&#233;duisent le spectateur. De nombreuses sc&#232;nes se d&#233;roulent dans le jardin : or, le film expose bien qu'un jardin chinois s'av&#232;re construit, disposant de nombreuses fabriques&#8230; L'&#339;uvre confirme la th&#233;orie des fractales : les motifs d&#233;coratifs et surtout symboliques sur les habits se d&#233;c&#232;lent, &#224; une autre &#233;chelle, sur les d&#233;corations des pi&#232;ces, voire l'architecture. Conjointement, le film se soucie des d&#233;tails. Optiquement, la cam&#233;ra cultive la profondeur de champ, volontiers soulign&#233;e par la mise en sc&#232;ne et les d&#233;cors. Le montage se r&#233;v&#232;le soign&#233; : les raccords se d&#233;couvrent m&#234;me th&#233;matiques. Le cin&#233;aste travaille la succession des sc&#232;nes : par exemple, lorsqu'on voit YANG Gui Fei demander si la concubine concurrente revient et qu'on lui r&#233;pond non, au plan suivant le spectateur voit l'empereur d&#233;j&#224; en train de banqueter avec Mei Fei. Le film cultive aussi l'art du cadrage, en particulier l'importance des embrasures &#224; travers lesquelles certains personnages espionnent. A l'arri&#232;re-plan, le spectateur attentif entr'apercevra souvent un visage signifiant&#8230; Le cadrage trac&#233; au cordeau par notre chef-d'&#339;uvre confirme la picturalit&#233; du cin&#233;ma chinois. Au demeurant, le g&#233;n&#233;rique lui-m&#234;me cultive la m&#233;taphore de la peinture &#224; l'encre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les motifs sur certaines parois des d&#233;cors et les mobiliers paraissent, le cas &#233;ch&#233;ant, assez peu conformes &#224; l'authentique style Tang. Mais il faut s'abstenir de toute attitude (hyper)critique : on tourna ce film &#224; l'&#233;poque de &#171; l'&#238;le solitaire &#187; et on ne doute pas des difficult&#233;s pour trouver deux chevaux blancs, m&#234;me pas efflanqu&#233;s, pr&#233;sents au film, alors que dans les rues de la ville chinoise on mourait de faim&#8230; Le spectateur attentif constatera que, dans une sc&#232;ne, on voit &#224; l'&#233;cran l'haleine de ZHOU Xuan et de YUAN Shao Mei, sans aucune justification di&#233;g&#233;tique : plut&#244;t que critiquer ce qui pourrait appara&#238;tre comme une imperfection, admirons le courage des artistes qui jou&#232;rent sous des conditions extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de l'opposition entre affaires publiques et affaires de c&#339;ur se trouve volontiers et explicitement &#233;voqu&#233; par Mei Fei, &#224; plusieurs reprises. Celle-ci exprime sa crainte pour l'Etat, plut&#244;t que pour elle-m&#234;me, face &#224; l'intrusion de la famille Yang sur des postes d'officiels, &#224; la suite de la concubine principale Gui Fei : Fleur de prunus d&#233;clare cette intrication des affaires publiques et familiales contraire au bien des Pai Xin, les &#171; cent noms &#187;, i.e. la nation. Vue pr&#233;monitoire, puisque l'Histoire jugera pr&#233;judiciables les amours de l'empereur et de YANG Gui Fei, ancienne amie de An Lu Shan : l'arm&#233;e imp&#233;riale mettra comme exigence pour reprendre le pouvoir &#224; An Lu Shan et le rendre &#224; Xuan Zong la mise &#224; mort de Gui Fei&#8230; Au demeurant, m&#234;me prisonni&#232;re de An Lu Shan, Fleur de prunus refusera de profiter de la vengeance que lui offre le rebelle sur la famille Yang, au nom de la s&#233;paration des sph&#232;res publique et priv&#233;e. La le&#231;on de morale politique qu'ass&#232;ne Mei Fei &#233;quivaut au moins au sens politique de la concubine Zhen, toujours interpr&#233;t&#233;e par Zhou Xuan, dans L'Histoire secr&#232;te de la cour des Qing. Au demeurant, les deux films se terminent, embl&#233;matiquement, par la fuite de l'empereur. En tout &#233;tat de cause, Mei Fei constitue un v&#233;ritable chef-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHOU Xuan d&#233;ploie les diff&#233;rentes facettes de son talent. Elle offre non seulement trois chants, mais aussi une danse. Sp&#233;cifiquement, on la voit &#224; plusieurs reprises jouer de la fl&#251;te. Comme dans la Nuit profonde, le film utilise le proc&#233;d&#233; du &#171; th&#233;&#226;tre dans le th&#233;&#226;tre &#187;, m&#233;tacin&#233;matographique, pour montrer que la r&#233;ception des chansons de ZHOU Xuan s'av&#232;re diverse en fonction des auditeurs : on passe de l'attitude s&#233;duite &#224; la vulgarit&#233; de convives excit&#233;s&#8230; Notre &#226;ge d'or du cin&#233;ma s'av&#232;re effectivement lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons une sc&#232;ne &#233;voquant le vaudeville : suite &#224; la nuit que d&#233;sirait passer l'empereur avec Fleur de prunus, YANG Gui Fei mart&#232;le &#224; la porte-fen&#234;tre du &#171; pavillon des amours &#187;. Mei Fei rajuste h&#226;tivement sa coiffe et s'enfuit par la porte de derri&#232;re avec la moue de fiert&#233; froiss&#233;e de celle qui doit c&#233;der la place en cachette, alors que la rivale entre par la porte principale et que Xuan Zong l'occupe en parlant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons une splendide performance tant cin&#233;matographique que li&#233;e au talent propre de ZHOU Xuan. Cultivant volontiers la sym&#233;trie &#224; l'instar du cin&#233;ma chinois en g&#233;n&#233;ral, le film offre la mise en parall&#232;le des sc&#232;nes pr&#233;sentant les deux concubines concurrentes en train de chanter : YANG Gui Fei, la rivale qui l'emporta, ex&#233;cute une chor&#233;graphie chant&#233;e devant la cour, avec une musique et d'un air enjou&#233;s, alors que Mei Fei, isol&#233;e, chante dans le jardin, non loin de son pavillon de recluse, sur un rythme lent, Mei Hua Qu : Le son de Mei Hua. Or, il faut admirer le fait que ZHOU Xuan interpr&#232;te en v&#233;rit&#233; les deux chansons, ce qui d&#233;montre le spectre de ses possibilit&#233;s vocales. Cette &#171; double performance &#187; de l'unique ZHOU Xuan incite &#224; la comparaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sc&#232;ne o&#249; ZHOU Xuan appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, la mise en sc&#232;ne souligne sa gr&#226;ce : on pourrait dire qu'elle s'assied plus avec sa t&#234;te, dodelinant, qu'avec ses jambes... Si l'&#339;uvre de 1941 repr&#233;sente un film en costumes &#224; l'instar de L'Histoire secr&#232;te de la cour des Qing, l'actrice principale, &#233;galement par&#233;e, offre un aspect sensiblement diff&#233;rent, en rapport avec les modulations dont elle s'av&#232;re capable dans son jeu. Dans le film de 1941, plus l&#233;ger que L'Histoire secr&#232;te, ZHOU Xuan joue de fabuleuses minauderies, de jeux de t&#234;te et d'yeux &#233;tudi&#233;s, et arbore une finesse de visage et corporelle. Malgr&#233; son &#233;tat de concubine, tombant m&#234;me en disgr&#226;ce, ZHOU Xuan r&#233;ussit &#224; caract&#233;riser le personnage qu'elle incarne par une noblesse certaine. L'un des ressorts du film tient &#224; l'opposition entre l'&#233;tat de concubine et la puret&#233; de l'&#226;me qui sp&#233;cifie Mei Fei. D'autant plus remarquable que le sc&#233;nario ne m&#233;nage pas l'h&#233;ro&#239;ne : ainsi, celle-ci doit revenir en cachette, &#224; simple dos de cheval, m&#234;me pas en amazone, et nuitamment au pavillon des amours o&#249; l'empereur veut la rencontrer sans que YANG Gui Fei ne s'en aper&#231;oive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les connaisseurs reconna&#238;tront et appr&#233;cieront Feng Huang, &#171; la star des enfants &#187;, dans le r&#244;le d'une soubrette, charmante et d&#233;cid&#233;e, l'une des rares personnes &#224; rester fid&#232;le &#224; Mei Fei jusqu'au bout&#8230; &#171; Chat(te) aux deux belles tresses &#187;, Feng Huang, &#171; Ph&#233;nix &#187;, porte comme nom de personnage celui de Chun Xiang, &#171; Parfum de printemps &#187;, le m&#234;me nom que l'h&#233;ro&#239;ne cor&#233;enne incarnant le parangon de fid&#233;lit&#233;, &#224; l'&#233;poque o&#249; la Cor&#233;e constituait une province tributaire de l'Empire du Milieu. Effectivement, Chun Xiang prouve tout au long du film son d&#233;vouement, avec intelligence : elle sait r&#233;fr&#233;ner les sentiments excessifs de sa ma&#238;tresse, voire s'interposer courageusement entre celle-ci et la toute-puissante YANG Gui Fei. Notons enfin que le jeu de Feng Huang s'av&#232;re fortement int&#233;rioris&#233; : mixte de force et de retenue. Sa jolie t&#234;te &#224; la moue int&#233;rieure agr&#233;mente volontiers de nombreux plans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les constantes avanies que subit &#171; la concubine Fei &#187; et sa fin tragique, le film offre des moments d'humour, le distinguant de L'Histoire secr&#232;te&#8230;, voire des pauses d&#233;lib&#233;r&#233;es dans le cours de l'intrigue. Ainsi des trois concubines anonymes, plut&#244;t comm&#232;res, les premiers personnages &#224; appara&#238;tre &#224; l'&#233;cran, et qui vont revenir constamment jusqu'&#224; la fin pour ponctuer l'histoire de leurs commentaires et de leurs moues d&#233;sopilants, sachant que chacune de ces femmes poss&#232;de son style&#8230; Le film utilise le comique de r&#233;p&#233;tition. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord jalouses de Mei Fei, celles que nous pouvons baptiser les trois &#171; concubines-comm&#232;res &#187; envieront ensuite YANG Gui Fei. On ne doit pas consid&#233;rer ces personnages, sans v&#233;ritables noms, comme anodins : leur pr&#233;sence traduit l'existence de relations fortes entre litt&#233;rature et cin&#233;ma chinois, les trois comm&#232;res, simplement &#171; num&#233;rot&#233;es &#187; au g&#233;n&#233;rique et valant excellente m&#233;taphore sociale o&#249; d'aucuns jugent la situation ou autrui en fonction de leur place dans la soci&#233;t&#233;. A l'instar sans doute de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral, elles redoutent l'arriv&#233;e de An Lu Shan tout en esp&#233;rant tirer quelque profit du renversement de situation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef-d'&#339;uvre pratique aussi le symbolisme, caract&#233;ristique au septi&#232;me art chinois. Sc&#232;ne embl&#233;matique : lorsque Mei Fei se pique en touchant innocemment l'une des fleurs offerte par une concubine hypocrite, espionnant et transformant en apart&#233; sa moue en sourire forc&#233;, de la part de sa rivale Gui Fei. De m&#234;me, lorsque les exil&#233;es &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du vaste palais imp&#233;rial jouent dans la nuit &#224; la lumi&#232;re d'une bougie, Chun Xiang rel&#232;ve que la bougie &#233;met des flammes comme des fleurs, des p&#233;tales : ce signe de bon augure, conforme &#224; la tradition chinoise, annonce symboliquement le cadeau imp&#233;rial des perles. Relevons aussi : chacune des deux sc&#232;nes de danse que pr&#233;sente le film se trouve abruptement interrompue par un coup de th&#233;&#226;tre, Mei Fei subissant les privaut&#233;s de convives avin&#233;s et Gui Fei apprenant la r&#233;bellion de son ancien ami An Lu Shan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le producteur et r&#233;alisateur ZHANG Shichuan &#8211; 1889-1953 &#8211; valait d&#233;j&#224; en 1941 comme v&#233;t&#233;ran du cin&#233;ma chinois, lui qui fonda en 1916 la Compagnie cin&#233;matographique Huanxia et cofonda en 1922 la c&#233;l&#232;bre Compagnie cin&#233;matographique Mingxing. Il commen&#231;a sa &#171; carri&#232;re &#187; dans une agence de publicit&#233; &#233;trang&#232;re. Au cours de sa carri&#232;re, conjointement &#224; un talent de cin&#233;aste, il se montra un homme d'affaires avis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Histoire de la chambre de l'ouest</title>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#35199;&#21410;&#35760; (Xi Xiang Ji) &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire de la chambre de l'ouest &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous la dynastie Tang, ZHANG Sheng1 &#8211; &#233;galement connu comme ZHANG Gong ou Junrui &#8211; un lettr&#233; qui pr&#233;pare le concours pour int&#233;grer l'administration imp&#233;riale, et la belle CUI Ying Ying, se retirent tous deux au temple Pujiu, le premier afin de r&#233;viser tranquillement, la seconde accompagnant sa m&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois &lt;br /&gt; (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#35199;&#21410;&#35760; (Xi Xiang Ji)&lt;br /&gt;
L'Histoire de la chambre de l'ouest&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la dynastie Tang, ZHANG Sheng1 &#8211; &#233;galement connu comme ZHANG Gong ou Junrui &#8211; un lettr&#233; qui pr&#233;pare le concours pour int&#233;grer l'administration imp&#233;riale, et la belle CUI Ying Ying, se retirent tous deux au temple Pujiu, le premier afin de r&#233;viser tranquillement, la seconde accompagnant sa m&#232;re en veuvage de son mari ancien premier ministre, ami du sup&#233;rieur du monast&#232;re. Mais les deux jeunes gens s'&#233;prennent imm&#233;diatement et mutuellement : rendez-vous nocturnes, procurant de superbes sc&#232;nes de nuit &#233;clair&#233;es aux lanternes, par l'entremise de la s&#233;millante, voire insolente Hong Niang, la soubrette de Ying Ying et qui m&#232;ne le jeu&#8230; H&#233;las, SUN Feihu, attir&#233; par la beaut&#233; de CUI Ying Ying, mobilise sa soldatesque : &#233;quip&#233;e destin&#233;e &#224; l'enlever. Apeur&#233;e, Mme CUI promet de fiancer sa fille &#224; quiconque repoussera les rebelles envahisseurs. Heureusement, ZHANG Sheng conna&#238;t le g&#233;n&#233;ral Du Que &#171; Etalon blanc &#187; et lui envoie une lettre d'appel au secours. Cependant, apr&#232;s le danger et la victoire militaire des d&#233;fenseurs, la m&#232;re de Ying Ying d&#233;clare que la diff&#233;rence des statuts ne permet qu'une &#171; relation de fr&#232;re et s&#339;ur jur&#233;s &#187;. ZHANG Sheng se languit d'amour, tombe malade, demande &#224; Hong Niang de jouer l'entremetteuse : celle-ci se risque &#224; organiser la rencontre des amants &#224; la chambre de l'ouest. Quand Mme CUI soup&#231;onne l'affaire, elle r&#233;primande et menace la &#171; marieuse &#187; de coups si celle-ci ne confesse pas les secrets d'alc&#244;ve. Suite &#224; quelques autres p&#233;rip&#233;ties, gr&#226;ce &#224; Hong Niang, &#224; la r&#233;ussite au concours de ZHANG Sheng et, au demeurant, &#224; la fid&#233;lit&#233; de Du Que, le couple pourra se reformer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admirons le travail de cr&#233;ation profitant &#224; L'Histoire de la chambre de l'ouest, film de 1940 tourn&#233; en costumes sur &#171; l'&#238;le solitaire &#187;, i.e. les concessions &#233;trang&#232;res de Shanghai que l'arm&#233;e japonaise cernait. L'&#339;uvre utilise n&#233;anmoins de remarquables d&#233;cors et des chevaux blanc et noir, ainsi que de nombreux figurants. Inepte de pr&#233;tendre que l'&#226;ge d'or du cin&#233;ma chinois s'ach&#232;verait d&#232;s 1937, &#171; apr&#232;s l'entr&#233;e en guerre contre le Japon &#187;&#8230; Nous assistons &#224; de splendides, romantiques sc&#232;nes de nuit. Nombre de merveilleuses chansons agr&#233;mentent le chef-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles-ci b&#233;n&#233;ficient d'une v&#233;ritable mise en sc&#232;ne. En introduction au premier chant de ZHOU Xuan et pendant, des papillons volettent, devan&#231;ant celle-ci et sa ma&#238;tresse. Le filmage chant&#233; montre des r&#233;actions diff&#233;renci&#233;es : le h&#233;ros d&#233;j&#224; &#233;mu, son serviteur, dont l'h&#233;b&#233;tude se confirmera, bat la mesure de ses quatre membres&#8230; Syst&#233;matiquement, les chansons s'incorporent &#224; la di&#233;g&#232;se : lors de la deuxi&#232;me, entam&#233;e par le galant, se m&#233;tamorphosant en duo la bien-aim&#233;e entonnant, leur dialogue entrecoupera le chant. M&#234;me le gros gardien chevelu d&#233;clame, les paroles coupant la chanson. Un climax s'atteint au magnifique chant des aveux et&#8230; justifications de Hong Niang, agenouill&#233;e devant Mme CUI courrouc&#233;e et pr&#232;s de la battre, toutefois toujours aussi coquine : interruptions par des conversations de la mar&#226;tre et de l'&#171; ambassadrice sentimentale &#187;. S&#233;duisants et essentiels gestes pr&#233;liminaires : gracieux recul de l'actrice-chanteuse qui avouera. Aya, Wo Shuo, Wo Shuo&#8230; Vraies &#171; chansons di&#233;g&#233;tiques &#187;, favorisant l'avancement de l'intrigue, sans recours &#224; de la musique di&#233;g&#233;tique. La m&#232;re commence un chant, puis la fille entonne, suspendue par des mots du soupirant, qui la poursuit, et termin&#233;e par &#171; Hong Niang la marieuse &#187;. La derni&#232;re chanson vaut presque chorale&#8230; A la recherche de &#21644;, l'harmonie, &#171; Leitmotiv chinois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHOU Xuan, conjointement &#224; ses talents de chanteuse classique et moderne, arbore de fabuleux &#171; jeux d'yeux &#187;, qu'elle sait varier en fonction des films et des r&#244;les. L'interm&#233;diaire, mutine, ZHOU Xuan chante avec sa bouche et manifeste l'actrice aux yeux f&#226;ch&#233;s&#8230; Songeons au duel hilarant de regards opposant le petit domestique de ZHANG Sheng et Hong Niang, qui lui d&#233;coche finalement de fantastiques immenses yeux l'effrayant, susceptibles de le d&#233;vorer, alors que les &#171; concurrents &#187; se croisent &#224; une embrasure. Importance des embrasures au cin&#233;ma chinois&#8230; De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le film parle beaucoup, &#224; l'instar de son origine ent&#233;e dans l'op&#233;ra, nonobstant, les expressions f&#233;minines s'ext&#233;riorisent pareillement fortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; soubrette Hong Niang &#187; qu'incarne ZHOU Xuan, et non l'h&#233;ro&#239;ne amoureuse, ne doit pas inciter &#224; croire qu'elle jouerait ici un personnage mineur. Hong Niang, en raison de sa c&#233;l&#233;brit&#233; litt&#233;raire et de l'utilit&#233; de sa &#171; mission &#187; pour r&#233;unir les c&#339;urs, encore actuelle, &#233;quivaut &#224; un nom commun en Chine d&#233;signant les entremetteuses et ZHOU Xuan interpr&#232;te magnifiquement cette &#171; partition strat&#233;gique &#187;, donnant libre cours &#224; l'enjouement et &#224; l'insolence caract&#233;ristiques. Catalogue des initiatives audacieuses&#8230; La &#171; marieuse &#187; tire la manche du soupirant afin que celui-ci boive la coupe pr&#233;sent&#233;e par sa ma&#238;tresse. Hong Niang ose imposer des consignes au valet de ZHANG Sheng, qui ordonne en d&#233;finitive &#224; celui-ci de quitter la pi&#232;ce. Lorsque la servante veut que CUI Ying Ying couch&#233;e au lit se r&#233;veille et se l&#232;ve, elle tousse bruyamment. La soubrette se hasarde &#224; r&#233;sister face &#224; la mar&#226;tre la tourmentant : Wo Bu Chu&#8230; ZHOU Xuan exhorte &#233;nergiquement le pr&#233;tendant &#224; r&#233;diger, tournant m&#234;me en un geste embl&#233;matique des &#171; sc&#232;nes de calligraphie chinoise &#187; le b&#226;ton d'encre : or, les correspondances amoureuses, au demeurant transmises par Hong Niang elle-m&#234;me, se prouvent strat&#233;giques, d&#233;cisives. La soubrette lit par-dessus l'&#233;paule de Ying Ying, voire arrache la lettre de ses mains. La &#171; marieuse &#187; se risque &#224; jeter des regards curieux vers la missive destin&#233;e &#224; ZHANG Sheng devant celui-ci. A la deuxi&#232;me admirable &#171; sc&#232;ne de nuit &#187;, fantastique chant de la &#171; n&#233;gociatrice &#187;, qui dirige&#8230; A la troisi&#232;me sc&#232;ne nocturne, ZHOU Xuan tire sa ma&#238;tresse, r&#233;calcitrante, vers le pavillon du soupirant et pousse celle-ci lestement des mains dans le dos courb&#233; par la timidit&#233; de la vierge qui rencontre nuitamment son pr&#233;tendant lui tendant les bras dans sa chambre. La soubrette prot&#232;ge leur &#171; nuage et pluie &#187; en guettant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la distribution, on reconna&#238;tra Feng Huang, &#171; petit chat m&#233;content &#187; d&#233;non&#231;ant ZHOU Xuan. Les deux charmantes actrices se retrouveront l'ann&#233;e suivante, en 1941, non plus oppos&#233;es mais alli&#233;es, au chef-d'&#339;uvre Mei Fei, Feng Huang devenant la soubrette de ZHOU Xuan. &#171; L'&#233;change des r&#244;les &#187; cultive ce que nous baptisons &#171; l'intertextualit&#233; cin&#233;matographique &#187;, encourag&#233;e par le r&#233;gime des studios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Xi Xiang Ji s'av&#232;re fort bien film&#233;, sobrement : absence de tapage&#8230; Notons la fluidit&#233; de la cam&#233;ra. Le filmage des sentiments, sinon de la psychologie, s'inscrit &#224; une &#233;poque o&#249; on s'interdisait la facilit&#233; de l'alternance, d&#233;sormais trop souvent compulsive, des champs et contrechamps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement &#224; l'important symbolisme, dont on voit des signes embl&#233;matiques &#224; la fin, les svastikas, L'Histoire de la chambre de l'ouest confirme l'extr&#234;me port&#233;e des prestigieuses &#339;uvres &#233;crites et op&#233;ratiques dans &#171; l'Empire du Milieu cin&#233;matographique &#187; et soutient le retentissement de la litt&#233;rature sur le septi&#232;me art. Une gr&#226;ce lyrique enrichit l'&#233;criture cin&#233;matographique du Xi Xiang Ji. L'encre et l'&#233;cran convergent, sp&#233;cialement ici par l'entremise du th&#233;&#226;tre chant&#233; chinois. Au demeurant, le film, associant amour et combat, pratique le mariage entre Wen, excellence litt&#233;raire, et Wu, art militaire, que les belles-lettres chinoises aiment &#224; c&#233;l&#233;brer. Les po&#232;mes compos&#233;s par Ying Ying se r&#233;v&#232;lent des tactiques op&#233;ratoires sur la &#171; carte du Tendre &#187;&#8230; La fonction essentielle des correspondances &#233;chang&#233;es d&#233;montre &#224; l'envi l'ob&#233;dience litt&#233;raire du cin&#233;ma. Observons que les &#233;crivains illustrent volontiers le th&#232;me des serviteurs indociles, en rapport aux deux domestiques du film se permettant des privaut&#233;s &#224; l'encontre de leurs ma&#238;tre et ma&#238;tresse respectifs. Ajoutons que le fantasme des r&#233;bellions constitue une th&#233;matique porteuse en RPC. &lt;br /&gt;
WANG Shifu composa sous la dynastie Yuan &#8211; 1271-1368 &#8211; la pi&#232;ce L'Histoire de la chambre de l'ouest dans le genre Za Ju, &#171; op&#233;ra po&#233;tique &#187;. Confirmant l'anciennet&#233; chinoise et de l'art en Chine, cette pi&#232;ce s'inspire en amont de l'histoire de Ying Ying, sous la dynastie des Tang &#8211; 618-907 &#8211; et la pr&#233;paration des concours administratifs s'identifie &#224; l'un des th&#232;mes de l'&#339;uvre litt&#233;raire, confirmant la sinisation de la dynastie mongole, s'inclinant culturellement devant la haute culture chinoise. Au demeurant, Xi Xiang Ji connut une adaptation au cin&#233;ma par HOU Yao, dont la version fran&#231;aise sortit d&#232;s 1928 &#224; Paris : La Rose de Pu-chui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, Deanna Gao illustra talentueusement des sc&#232;nes clef de L'Histoire de la chambre de l'ouest. &#171; Surprise de l'amour &#187;, &#171; la servante Hong Niang au travail (amoureux) &#187;, la m&#232;re de Ying Ying r&#233;primandant Hong Niang&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZHANG Shichuan travailla comme r&#233;alisateur et sans doute surtout producteur avis&#233;. Il &#171; co-fonda &#187; la Compagnie cin&#233;matographique Mingxing. Sobri&#233;t&#233; et efficacit&#233;, voire sens du marketing sp&#233;cifient ses activit&#233;s, qui invalident la th&#232;se commune (ou plut&#244;t hypoth&#232;se) selon laquelle &#171; l'&#226;ge d'or &#187; se caract&#233;riserait exclusivement par de &#171; jeunes r&#233;alisateurs progressistes &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Anges du boulevard </title>
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&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#39532;&#36335;&#22825;&#20351; Les Anges du boulevard Ma Lu Tian Shi Sc&#233;nario et r&#233;alisation : YUAN Mu Zhi ; chef-op&#233;rateur : WU Yinxian ; parolier : TIAN Han ; montage : QIAN Xiaozhang ; d&#233;cor : MA Shouhong. Avec : ZHOU Xuan (Xiao Hong), ZHAO Dan (CHEN Xiao Ping), ZHAO Huishen (Xiao Yun), WEI Heling (Le vendeur de journaux), WANG Jiting (WANG, le violoniste &#171; p&#232;re &#187; de Xiao Hong), FENG (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.festivalducinemachinoisdeparis.com/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;62 - Analyse des films 2010&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Zhou Xuan par Raymond Delambre, auteur d'Ombres &#233;lectriques : les cin&#233;mas chinois (collection Septi&#232;me Art, Le Cerf &amp; Corlet)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#39532;&#36335;&#22825;&#20351;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Anges du boulevard &lt;br class='autobr' /&gt;
Ma Lu Tian Shi&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario et r&#233;alisation : YUAN Mu Zhi ; chef-op&#233;rateur : WU Yinxian ; parolier : TIAN Han ; montage : QIAN Xiaozhang ; d&#233;cor : MA Shouhong.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec : ZHOU Xuan (Xiao Hong), ZHAO Dan (CHEN Xiao Ping), ZHAO Huishen (Xiao Yun), WEI Heling (Le vendeur de journaux), WANG Jiting (WANG, le violoniste &#171; p&#232;re &#187; de Xiao Hong), FENG Zhicheng (M. KOU), QIAN Qianli (Le coiffeur), TANG Chaofu (Le patron coiffeur), SHEN Jun (Le vendeur de fruits), QIU Yuanyuan (Le ch&#244;meur b&#232;gue)&lt;br class='autobr' /&gt;
Shanghai, 1937&lt;br class='autobr' /&gt;
Compagnie cin&#233;matographique Mingxing&lt;br class='autobr' /&gt;
74 min&lt;br class='autobr' /&gt;
Genre : com&#233;die dramatique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#32232;&#21127;, &#23566;&#28436;, &#34945;&#29287;&#20043; ; &#25885;&#24433;, &#21555;&#21360;&#21688;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#21608;&#29831; (&#39166;&#23567;&#27468;&#22899;-&#23567;&#32005;), &#36249;&#20025; (&#39166;&#21561;&#40723;&#25163;-&#23567;&#36249;), &#39759;&#40372;&#40801; (&#39166;&#22577;&#36009;-&#32769;&#29579;), &#29579;&#21513;&#20141; (&#39166;&#29748;&#24107;), &#39342;&#24535;&#25104; (&#39166;&#27969;&#27667;-&#21476;&#20808;&#29983;), &#38515;&#27589;&#20141; (&#39166;&#23492;&#29983;&#34802;), &#37666;&#21315;&#37324; (&#39166;&#21059;&#38957;&#21496;&#21209;), &#21776;&#24034;&#29238; (&#39166;&#21059;&#38957;&#24215;&#32769;&#26495;), &#27784;&#39423; (&#39166;&#23567;&#36009;), &#35032;&#20803;&#20803; (&#39166;&#22833;&#26989;&#32773;), &#34945;&#26757;&#32057; (&#39166;&#23567;&#23396;&#23360;), &#36249;&#24935;&#28145; (&#39166;&#37326;&#38622;-&#23567;&#33464;), &#26611;&#37329;&#29577; (&#39166;&#40199;&#27597;), &#23403;&#25964; (&#39166;&#24459;&#24107;), &#38867;&#38642; (&#39166;&#35686;&#23519;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shanghai, automne 1935. Xiao Hong et sa s&#339;ur Xiao Yun habitent dans les bas-fonds de Shanghai, apr&#232;s leur fuite face &#224; l'invasion japonaise. Yun, battue par sa mar&#226;tre prox&#233;n&#232;te et subissant les pr&#233;jug&#233;s m&#233;prisants de CHEN Xiao Ping, se prostitue pour leur survie ; Hong, toute jeune femme espi&#232;gle aim&#233;e de son voisin trompettiste Xiao Ping, vit de ses chants, jusqu'au jour o&#249; son &#171; tuteur &#187; musicien tente de la vendre &#224; un malfaiteur concupiscent. Gr&#226;ce aux coupures de presse dont Lao WANG tapisse les murs de leur taudis et indiquant le proc&#232;s d'une fille adoptive versus une prox&#233;n&#232;te, Xiao Ping et son compagnon le vendeur de journaux d&#233;cident de consulter un avocat : l'annonce de Ma&#238;tre FANG s'accroche aux longs cheveux de Xiao Ping, s'asseyant contre la paroi, accabl&#233; de ne pas savoir comment mener un proc&#232;s. Mais les amis abandonnent la piste judiciaire, ne pouvant payer. Ensuite, Lao WANG arrache l'id&#233;e de fuite au mur recouvert de feuilles. Xiao Hong, r&#233;tive en r&#233;action &#224; ses nombreuses disputes avec Xiao Ping, se laisse finalement persuad&#233;e de fuir en compagnie de celui-ci et son &#171; arm&#233;e &#187;, le colporteur, un coiffeur, A Ping le vendeur de fruits, un ch&#244;meur b&#232;gue : l'a&#238;n&#233;e Yun, s'interposant entre sa cadette et son amoureux, l'incite &#224; se sauver avec celui-ci, alors que Xiao Hong continuait de le bouder. Au demeurant, sacrifice d'autant plus important que la prostitu&#233;e aime Xiao Ping. H&#233;las, les malfaiteurs poursuivent et retrouvent les deux s&#339;urs&#8230; Le &#171; p&#232;re &#187; trouve l'adresse des fugitifs : Xiao Yun lance un long couteau vers celui-ci et qui se plante dans la paroi. Le &#171; tuteur &#187; poignarde &#171; sa fille &#187; et ex-concubine, qui mourra sans soins : Lao WANG, &#233;pris de Yun, cherchera &#224; la sauver et reviendra bredouille, le m&#233;decin ne venant pas sans paiement suffisant. La prostitu&#233;e expire entre les bras de Xiao Ping, pensant &#224; son m&#233;pris, le film montrant plusieurs flash-backs en surimpression&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce classique propulsa la carri&#232;re cin&#233;matographique de ZHOU Xuan, qui y interpr&#232;te deux titres mythiques : Tian Ya Ge N&#252;, &#22825;&#28079;&#27468;&#22899; que nous traduirons po&#233;tiquement par La Chanteuse des confins du ciel, et Si Ji Ge, La Chanson des quatre saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YUAN Mu Zhi &#233;crivit le sc&#233;nario et r&#233;alisa &#224; la Compagnie cin&#233;matographique Mingxing, &#224; partir de l'&#339;uvre Cristilinda de Monckton Hoffe, transpos&#233;e au cin&#233;ma par la Fox dans le film incompl&#232;tement parlant Street Angel de 1928. En v&#233;rit&#233;, le cin&#233;aste s'inspira partiellement de deux films r&#233;alis&#233;s par Frank Borzage : Seventh Heaven et Street Angel avec Janet Gaynor. Rappelons que la Mingxing produisit 192 films.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre &#339;uvre b&#233;n&#233;ficie assur&#233;ment d'une superbe interpr&#233;tation. Pas indiff&#233;rent que Xiao Hong se r&#233;v&#233;la l'un des anciens &#171; vrais noms &#187; de ZHOU Xuan, aux origines ind&#233;termin&#233;es. Contemplons la beaut&#233; de la d&#233;butante &#224; l'&#233;cran ZHAO Huishen, &#233;clatante lorsque son &#171; p&#232;re &#187; la moleste. ZHAO Dan et WEI Heling, deux vedettes, continu&#232;rent de jouer sous la RPC. ZHAO Dan, n&#233; ZHAO Feng'ao en 1915 dans la si belle Yangzhou au Jiangsu, d&#233;c&#233;d&#233; en 1980, obtint en 1957 la distinction de meilleur acteur de cin&#233;ma pour la p&#233;riode 1949-1955 &#224; la faveur en particulier de sa prestation aux Corbeaux et moineaux de 1949. On le vit en 1934 : Destin de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement aux com&#233;diens, Shanghai s'&#233;rige &#233;galement en protagoniste &#224; part enti&#232;re. Th&#233;matiquement, le film pratique fr&#233;quemment le symbolisme. En rapport avec les liens directs unissant des films de ZHOU Xuan et la litt&#233;rature, la symbolique associe celle-ci et le septi&#232;me art. Tirons un exemple embl&#233;matique du d&#233;cor de Ma Lu Tian Shi, au bureau de l'avocat lui-m&#234;me situ&#233; au &#171; gratte-ciel &#187; : plong&#233;e par la baie sur les toits de Shanghai, minuscules. La tour comme all&#233;gorie d'&#233;l&#233;vation sociale, dont s'av&#233;reront exclus les deux camarades cherchant une aide juridique &#224; Xiao Hong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des sc&#232;nes embl&#233;matiques concerne l'&#171; effeuillage-d&#233;floraison &#187; de la rose blanche que M. KOU empoigne, apr&#232;s le sourire na&#239;f de fillette adress&#233; par Xiao Hong &#224; ce g&#233;n&#233;reux truand qui lui offrit du beau tissu et un banquet. M&#234;me l'innocente comprend le symbole&#8230; Lorsque le coiffeur coupe les tresses de Xiao Hong, la di&#233;g&#232;se expliquerait certes cette coupe par le d&#233;sir de se cacher : mais on discerne aussi la symbolique forte relative au changement de statut, la jeune fille devenant la femme de Xiao Ping. Le meurtre final de Yun, originaire du Nord et exil&#233;e &#224; Shanghai &#224; cause de l'occupation japonaise, ne symbolise-t-il pas la nation viol&#233;e par l'empire du Soleil-Levant ? G&#233;n&#233;ralement, le film use all&#233;goriquement de la prostitution tel un sympt&#244;me d'oppression. WU Yong Gang en fournit deux magnifiques arch&#233;types : la Shen Nu de RUAN Ling Yu et Yanzhi Lei avec HU Die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, Ma Lu Tian Shi &#233;vite les larmoiements et utilise commod&#233;ment le &#171; comique de r&#233;p&#233;tition &#187;, &#233;loign&#233; du &#171; politiquement correct &#187; contemporain, raillant l'ami de ZHAO Dan handicap&#233; qui &#233;prouve des difficult&#233;s &#224; s'exprimer. Le comique de r&#233;p&#233;tition s'emploie &#224; l'encontre de celui-ci, Xiao Ping le rabrouant perp&#233;tuellement : il faut se taire quand on ne sait pas causer. Nonobstant, le ch&#244;meur b&#232;gue se manifeste de bon conseil : par exemple, il trouva la photographie de la bande dans un journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons le personnage de Lao WANG, vendeur de journaux, interpr&#233;t&#233; par WEI Heling, et surtout son app&#233;tence journalistique : ce compagnon pr&#233;cieux de CHEN Xiao Ping et entich&#233; de Xiao Yun &#171; colle-ctionne &#187; aux murs des taudis les coupures de presse. De mani&#232;re compulsive : WANG recommence &#224; coller des feuilles sur les parois de son deuxi&#232;me refuge. Au troisi&#232;me et ultime appartement, le spectateur attentif verrait des journaux nouvellement coll&#233;s&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; WANG le colporteur &#187;, &#224; ne pas confondre avec le &#171; violoniste WANG &#187;, exploiteur des s&#339;urs et qui abusa sexuellement de l'a&#238;n&#233;e, repr&#233;sente la tol&#233;rance, sp&#233;cialement &#224; l'&#233;gard de la prostitu&#233;e, et l'ouverture d'esprit, sa passion des quotidiens permettant de fa&#231;on visuelle et fluide de situer le film, d'y introduire l'actualit&#233; de l'&#233;poque. &#171; Sc&#233;naristiquement &#187;, la d&#233;couverte de coupures sert souvent et habilement de ressort &#224; l'intrigue. Ce que nous baptisons &#171; d&#233;cor sc&#233;naristique &#187;, typique, fonctionne en contexte : ainsi, lorsque Lao WANG lit &#171; sortie massive de m&#233;tal blanc vers l'&#233;tranger &#187; afin d'intituler un tour de magie qu'affectionne Xiao Ping. Enfin, d&#233;celons une intertextualit&#233; : osons &#233;tablir une relation cin&#233;matographique rapprochant les mis&#233;rables &#171; tapisseries de papier journal &#187; chez Shen Nu r&#233;alis&#233; par WU Yong Gang, avec l'inoubliable RUAN Ling Yu, d&#233;j&#224; les affres subies par une &#171; divine &#187; prostitu&#233;e, et celles de Ma Lu Tian Shi. La formule de Lao WANG justifiant ses journaux tapissant&#8230; &#171; Ce vieux mur en ruine, je ne supporte pas de le voir. &#187; Relevons assur&#233;ment le travail du d&#233;corateur MA Shouhong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, Les Anges du boulevard r&#233;unissent des &#233;l&#233;ments fort divers, qu'il convient de ne pas caricaturer en interpr&#233;tation univoque : com&#233;die, film d'amour, &#171; film musical &#187;, trag&#233;die paroxystique, r&#233;alisme social. Si des critiques soulignent ce dernier, relevons la description r&#233;aliste des relations sentimentales : les deux h&#233;ros &#171; passionn&#233;s &#187; passent pr&#233;cipitamment de l'amour &#224; la haine, la s&#233;paration, ou plut&#244;t leur d&#233;claration. Exemplairement, les pleurs de Xiao Ping calmeront la col&#232;re de Xiao Hong. Pareillement, lorsque CHEN Xiao Ping s'aper&#231;oit du &#171; profit amoureux &#187; qu'il tirera de sa fuite en compagnie de Xiao Hong, avec qui il vivra, il devient fou de joie. Quelque application du principe bouddhique Bu She Bu De : &#171; pas de gain sans perte &#187;&#8230; Au demeurant, l'&#339;uvre, qui comporte nombre de touches sociales, s'av&#232;re pr&#233;curseur du n&#233;or&#233;alisme, bien avant les r&#233;alisations italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre marie la l&#233;g&#232;ret&#233; et un drame s'ins&#233;rant vite pour terminer en climax tragique. Cependant, le d&#233;roulement filmique ne vaut pas continuum : le comique de r&#233;p&#233;tition entrecoupera constamment l'intrigue. La sc&#232;ne o&#249; le colporteur pr&#234;te fort peu d'attention &#224; ses acheteurs, attendant son camarade trompettiste d&#233;filant, provoque l'hilarit&#233; : l'acheteur qu&#233;mande son journal&#8230; La mis&#232;re ne larmoie pas : ZHAO Dan donne la boucle d'oreille du coiffeur comme bague de fian&#231;ailles &#224; ZHOU Xuan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Significativement, une charmante libert&#233; de ton caract&#233;rise l'&#339;uvre, se discerne par les diff&#233;rences des genres auxquels le film peut appartenir, &#224; la hauteur du charme &#233;manant de ZHOU Xuan&#8230; On assiste &#224; de multiples et plaisants badinages. La sym&#233;trie, volontiers pratiqu&#233;e &#224; l'Empire du Milieu cin&#233;matographique, se traduit par la formation des deux couples : Xiao Hong et Xiao Ping, Xiao Yun et Lao WANG&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sym&#233;tries s'organisent soigneusement : alors qu'au d&#233;nouement, apr&#232;s le coup de couteau blessant mortellement Xiao Yun, CHEN Xiao Ping la consid&#232;re toujours telle une &#171; grue &#187;, celui-ci, uniquement &#224; l'extr&#234;me fin, donne &#224; la prostitu&#233;e le verre d'eau chaude, si chinoise, rempli par sa s&#339;ur, qu'il lui refusa auparavant. M&#233;chamment, Xiao Ping jeta au sol la boisson de col&#232;re suite &#224; la venue de la &#171; grue &#187;. Autres sc&#232;nes sym&#233;triques : CHEN Xiao Ping demande deux ou trois fois pardon : &#224; ZHOU Xuan, puis &#224; Lao WANG, voire &#224; Yun, ce qui vaut, &#224; l'encontre d'une vedette arrogante et s&#251;re de ses capacit&#233;s s&#233;ductrices, le&#231;ons d'humilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de La Chanteuse des confins du ciel se r&#233;v&#232;le singuli&#232;rement audacieuse : ZHOU Xuan et ZHAO Dan entament en fredonnant a capella l'air des Confins, excitant l'attente de l'audience&#8230; Conjointement &#224; certains messages d'ob&#233;dience sociologique, sinon politique, n'oublions pas que l'objectif reste le divertissement, assum&#233; par le r&#233;alisateur, avec une belle &#233;motion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#171; art du montage &#187; se met en exergue. Le montage, qui &#233;loigne des canons hollywoodiens, s'exprime de mani&#232;re purement visuelle, &#224; l'instar d'un &#171; art pour l'art &#187;, et contribue &#224; dynamiser l'intrigue. D&#232;s le premier chant du film termin&#233;, l'intrigue se noue : Xiao Hong, rapidement proie attirant des loups&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit de La Chanson des quatre saisons de TIAN Han et HE Luding, sur laquelle ZHOU Xuan, certes chantant, ne cesse de jouer : elle boude, refait ses tresses, des insertions imag&#233;es illustrant le titre. Le spectacle partirait de la broderie d'oiseaux amoureux et aboutirait &#224; la guerre, aux explosion(s), s&#233;quelles guerri&#232;res&#8230; &#171; Mais o&#249; sont donc ses parents ? &#187; Les images ornent le beau vers &#171; Seul brille le clair de lune. &#187; H&#233;las, chant &#233;minemment di&#233;g&#233;tique : la beaut&#233; et la fra&#238;cheur de l'interpr&#232;te attirent la concupiscence des clients truands, de M. KOU en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyste constate l'art consomm&#233; du &#171; montage chinois &#187;, d&#232;s les images liminaires du film, le fabuleux g&#233;n&#233;rique, extr&#234;mement dynamique, avec instruments &#224; vent, trompettes. Stimulante pr&#233;sentation de Shanghai la nuit, les enseignes lumineuses se voyant exclusivement : White Horse, Monthly Drawing de la State Lottery Administration&#8230; Les spectateurs ne doivent absolument pas manquer le &#171; g&#233;n&#233;rique plus que g&#233;n&#233;rique &#187;, v&#233;ritables &#171; expos&#233; des motifs cin&#233;matographiques &#187; et incarnation du &#171; personnage d'une Shanghai verticalisante &#187; : abondants mouvements liminaires de contre-plong&#233;e, particuli&#232;rement sur une embl&#233;matique tour. La sc&#232;ne initiale s'enclenche par une plong&#233;e qui se veut abyssale d'un haut b&#226;timent blanc vers les bas-fonds de Shanghai. Le dernier plan s'&#233;rige sym&#233;triquement : contre-plong&#233;e de ceux-ci vers le sommet du vaste et haut immeuble blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songeons &#224; la technique du &#171; montage parall&#232;le &#187; entre l'a&#238;n&#233;e, son visage tortur&#233; et la cadette qui saisit avec enjouement la cage &#224; oiseau. Autre succession de sc&#232;nes d&#233;montrant non seulement l'existence, mais l'anciennet&#233; et la qualit&#233; du &#171; montage chinois &#187; : la mar&#226;tre frappant de sa baguette dit &#224; sa &#171; belle-fille &#187; de se d&#233;shabiller afin d'obtenir l'aveu de l'endroit o&#249; sa cadette se cache. Yun commence &#224; d&#233;boutonner sa robe : plan imm&#233;diatement suivi d'un plan sur une culotte qui tombe des jambes&#8230; de l'acolyte de M. KOU, &#224; la &#171; maison de bain et massage &#187;. Quelle audace&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement au travail du monteur QIAN Xiaozhang, l'&#339;uvre pratique ce que nous appelons l'art du cadrage et sp&#233;cifiquement, &#224; plusieurs reprises, ce que nous baptisons la technique du &#171; cadre dans le cadre &#187;. Effectivement, la communication sentimentale rapprochant Xiao Hong, chantant &#22825;&#28079;&#27468;&#22899;, Tian Ya Ge N&#252;, La Chanteuse des confins du ciel, et CHEN Xiao Ping s'effectue &#224; travers des fen&#234;tres. Les baies se m&#233;tamorphosent en sc&#232;nes de spectacles&#8230; Le spectateur assiste m&#234;me &#224; un th&#233;&#226;tre d'ombres avec le rideau tir&#233;. Ces &#171; ombres chinoises &#187; incitent &#224; penser en termes de discours m&#233;tacin&#233;matographique : nos &#171; ombres &#233;lectriques &#187; rappellent la gen&#232;se ou l'&#233;tymologie cin&#233;matographique, &#171; sinon les figures &#224; la silhouette &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cam&#233;ra passe de la chanteuse dans sa chambre au musicien dans la sienne. Un plan de Yun l'a&#238;n&#233;e &#224; la physionomie tourment&#233;e, pleurant, accompagne la chanson parlant de larmes. Cependant, la diversit&#233; des r&#233;actions consolide son appartenance &#224; la di&#233;g&#232;se : Lao WANG, couch&#233;, se bouche les oreilles et se retourne sur son lit&#8230; Magnifique travail du chef-op&#233;rateur WU Yinxian &#224; travers les ouvertures des deux habitations, de part et d'autre de la rue : &#224; la fin de la m&#233;lodie, CHEN Xiao Ping tire le rideau, &#224; travers les deux fen&#234;tres on voit la s&#339;ur &#171; gronder silencieusement &#187; sa cadette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humour et la dramatisation n'interdisent pas &#224; une sociologie de t&#233;moigner. Lorsque le patron coiffeur de l'histoire s'aper&#231;oit qu'on repeint la &#171; signal&#233;tique &#187; de la rue de la &#171; R&#233;sidence de la tranquillit&#233; &#187;, il s'&#233;crie que les loyers vont encore augmenter. Indubitablement, enseignement p&#233;renne des finances (publiques) : la population subit le co&#251;t des d&#233;penses (publiques)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, l'&#339;uvre &#233;voque les relations des Occident et Orient, traditionalisme et modernisme. D&#232;s le d&#233;but, on d&#233;couvre l'antinomie contrastant la procession de mariage, dot&#233;e d'un orchestre traditionnel et de &#171; jazzmen &#187;, en tout cas d'une fanfare &#171; &#224; l'occidentale &#187; : trompettes, tambours, musique &#224; l'occidentale en t&#234;te, musique classique en Empire du Milieu forment un m&#233;lange bigarr&#233;, sinon concurrentiel&#8230; Le h&#233;ros trompettiste porte en embl&#232;me son uniforme d'origine &#233;trang&#232;re, sachant qu'il joue indiff&#233;remment de la trompette et du Er Hu, tradition de Chine. Relevons la fabuleuse sc&#232;ne o&#249; la propri&#233;taire de la premi&#232;re chambre o&#249; loge CHEN Xiao Ping, m&#232;re de famille, tente de s&#233;duire celui-ci, qui &#171; fait tr&#232;s soldat blanc &#187;, par des moyens fort directs, l'aguicheuse prenant l'initiative pour que l'homme l'embrasse de pr&#233;f&#233;rence &#224; son b&#233;b&#233;. Les traits de ZHAO Dan ne se manifestent certes pas typiquement Han. La qualification de &#171; signaux sans fil &#187; ou &#171; t&#233;l&#233;gramme &#187; baptisant l'utilisation comme message de la lumi&#232;re solaire et de sa r&#233;flexion, par le miroir de la charmante Xiao Hong, traduit aussi, humoristiquement, la rencontre de temporalit&#233;s diverses dans une Shanghai &#224; la crois&#233;e des mondes et des temps&#8230; Pr&#233;cis&#233;ment, le Grand Monde repr&#233;sente un lieu de sortie(s) s&#233;duisant la bande d'amis : au demeurant, la s&#339;ur a&#238;n&#233;e, se prostituant pourtant, veut prot&#233;ger la vertu de sa cadette en lui interdisant de s'y rendre. N&#233;anmoins, les personnages, leur habitus restent chinois. Ainsi, le m&#233;chant &#171; p&#232;re &#187; reproche &#224; sa &#171; fille adoptive &#187;, lui ramenant la cage &#224; oiseau qu'il lui demanda de nettoyer, qu'on ne l'entend pas arriver : sit&#244;t apr&#232;s, le violoniste WANG sort sa cage afin de comparer &#224; d'autres&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le plan du langage cin&#233;matographique, le cumul d'&#233;poques diff&#233;rentes s'illustre pareillement par la raret&#233; ou davantage la sporadicit&#233; des dialogues, riche h&#233;ritage du cin&#233;ma muet, qui favorise l'expressionnisme : Xiao Yun, au visage si expressif, h&#233;riti&#232;re de Shen Nu. Songeons &#224; la superbe sc&#232;ne muette o&#249; l'enj&#244;leuse tente d'aguicher CHEN Xiao Ping, m&#233;prisant, Lao WANG offre ensuite une cigarette &#224; la femme, qui ne s'int&#233;resse pas &#224; celui-ci. Cet encha&#238;nement entre les com&#233;diens aux sentiments contradictoires s'exprime fortement sur la physionomie de la belle, t&#233;moignant sans transition de la s&#233;duction et de la d&#233;sesp&#233;rance. En une perspective th&#233;orique, observons l'ouverture politico-culturelle du cin&#233;ma shanghaien : &#224; travers une forte influence du cin&#233;ma muet, allusions &#224; l'expressionnisme allemand d'un film chinois pr&#233;figurant le n&#233;or&#233;alisme pr&#233;sum&#233; italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le talent, &#233;galement musical, de ZHOU Xuan se d&#233;finit particuli&#232;rement par la conjugaison de traditions et d'une modernit&#233; qui s'av&#232;re chinoise. &#171; Proverbe &#187; &#224; Shanghai : la Chine, ce pays ancien, d&#233;j&#224; moderne&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons que l'&#339;uvre ma&#238;trise les risques de lourdes difficult&#233;s li&#233;es aux r&#233;p&#233;titions : embl&#233;matiquement, &#21608;&#29831; chante &#224; deux reprises &#22825;&#28079;&#27468;&#22899;, mais, gr&#226;ce aux contextes oppos&#233;s, les significations de ces sc&#232;nes chant&#233;es divergent diam&#233;tralement. Alors que Lao WANG, fumeur, tente d'emp&#234;cher Xiao Ping de continuer &#224; s'enivrer, celui-ci, trivial client, paye pour que Xiao Hong chante. Le rythme s'appesantit par rapport &#224; la version originelle, distillant une autre humeur, voire presque une autre m&#233;lodie. Le film ose pr&#233;matur&#233;ment op&#233;rer un flash-back nostalgique sur lui-m&#234;me, v&#233;ritable boucle reprenant les images de l'interpr&#233;tation initiale en duo du m&#234;me titre, o&#249; les deux amoureux badinaient. Plut&#244;t que chanson d'amour, la reprise de Tian Ya Ge N&#252; se transforme en une torture mentale chez ZHOU Xuan, forc&#233;e par ZHAO Dan, au comportement d'un quelconque consommateur ivre, de chanter &#224; la &#171; maison de th&#233; &#187;. &#171; Expos&#233; des motifs &#187; d&#233;montrant qu'un son l&#233;g&#232;rement dissemblable surd&#233;termine de &#171; m&#234;mes images &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma Lu Tian Shi, &#224; l'instar d'autres &#339;uvres, (d&#233;)montre que les r&#233;alisateurs des ann&#233;es trente et quarante int&#233;gr&#232;rent et d&#233;pass&#232;rent les conventions hollywoodiennes, l'objectif consistant &#224; s&#233;duire un vaste public et &#224; proposer des &#171; messages &#187;, sans qu'il s'agisse de &#171; surinterpr&#233;ter &#187; en inventant un film &#224; th&#232;se&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restituons aux importantes &#339;uvres cr&#233;&#233;es &#224; &#171; l'&#226;ge d'or &#187; leur port&#233;e proprement cin&#233;matographique au lieu de les soumettre &#224; une vis&#233;e unilat&#233;rale. Radicalement, caricaturalement, des critiques du film s'opposent : ou bien on y voit une croyance aux lendemains qui (d&#233;)chanteront, ou bien le d&#233;nouement aboutirait &#224; une impasse sociale, au d&#233;sespoir. Caract&#232;re ind&#233;cidable du commentaire &#171; politisant &#187; : l'&#233;pilogue vise de nouveau le &#171; gratte-ciel &#187;, &#224; l'instar du d&#233;but, &#171; le film boucle &#187;, gu&#232;re d'espoir&#8230; Au total, l'appr&#233;ciation de l'&#226;ge d'or du cin&#233;ma shanghaien n&#233;cessite un effort de nuance(s) et de &#171; contextualisation &#187;, afin de ne pas l'assujettir aux caricatures. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel : l'accomplissement artistique. Pareillement &#224; nombre de films &#224; cette &#233;poque, un contenu social se conjugue avec le (m&#233;lo)drame et le divertissement, le spectacle et surtout l'&#233;motion. R&#233;sultat atteint : Les Anges du boulevard se montr&#232;rent extr&#234;mement populaires. L'ensemble des qualit&#233;s relev&#233;es permettait de d&#233;fendre les productions domestiques, sachant que les films hollywoodiens concurren&#231;aient fortement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YUAN Mu Zhi, n&#233; YUAN Jialai en 1909 et d&#233;c&#233;d&#233; en 1978, s'int&#233;ressa jeune au th&#233;&#226;tre : l'acteur de th&#233;&#226;tre &#224; succ&#232;s &#224; Shanghai, surnomm&#233; &#171; l'homme aux mille visages &#187;, int&#233;gra en 1934 le Studio de cin&#233;ma Diantong. Puis, ce sc&#233;nariste-r&#233;alisateur-com&#233;dien rejoignit la c&#233;l&#232;bre Mingxing, o&#249; il &#233;crivit et dirigea Les Anges&#8230; En 1946, il fonda et dirigea le Studio de cin&#233;ma Dongbei &#8211; du Nord-Est &#8211; qui devint le premier studio &#233;tatique de RPC. En 1949, YUAN Mu Zhi quitta celui-ci et dirigea le Bureau central du cin&#233;ma au minist&#232;re de la culture.&lt;br class='autobr' /&gt;
TIAN Han, parolier, &#339;uvra comme auteur dramatique. Cette caract&#233;ristique illustre la relation forte mariant cin&#233;ma et litt&#233;rature. Au demeurant, le r&#233;alisme social de l'&#339;uvre se r&#233;v&#232;le d'ob&#233;dience litt&#233;raire. Quant aux personnages, Xiao Hong semble incarner l'une des nombreuses et nouvelles Nora Helmer qu'on pourrait d&#233;celer au cin&#233;ma shanghaien. Henrik Ibsen et LU Xun s'uniraient&#8230; Les Anges du boulevard offrent un &#171; tableau &#187; o&#249; nous d&#233;couvrons une &#233;vocation litt&#233;raire et jusqu'&#224; une &#171; sc&#232;ne de calligraphie &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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